LE PRINCE ACHÈVE SON ÉDUCATION MILITAIRE, ET VA REJOINDRE
l’armée DE CONDÉ.
Après la retraite de Champagne, le changement des événements, les jalousies politiques, les différents intérêts des divers cabinets, retinrent les princes oisifs jusqu’en 1794. Pendant ce temps-là, la monarchie disparut, et Louis XVI en montant au ciel laissa le drapeau de cette monarchie au prince de Condé. M^r le duc de Berry brûloit de se ranger sous cette bannière ; mais il falloit attendre l’ordre des rois afin qu’un fils de France pût tirer l’épée. M^r le duc d’Angoulême et M§r le duc de Berry, retirés au château de Ham, profitèrent de ce repos pour perfectionner leur éducation militaire. Ils devinrent d’excellents cavaliers, en suivant le conseil d’un grand homme de l’antiquité', qui veut que le maître de la cavalerie commence ses revues par de pieux sacrifices. Rien n’étoit agréable comme de voir Msr le duc de Berry, si jeune encore, manier avec adresse des chevaux fougueux; créatures de Dieu si nobles par elles-mêmes, qu’elles ont donné leur nom aux classes de la société humaine les plus distinguées, les plus braves et les plus généreuses.
Dans le cours de l’année 179à, M^r le duc d’Angoulême alla rejoindre, avec son père, M§r le comte d’Artois, les corps d’émigrés françois qui combattoient dans la Flandre autrichienne et dans la Hollande. WT le duc de Berry, à peine âgé de seize ans, obtint la permission de se rendre à l’armée de Condé. Dans son transport, il écrivit sur-lechamp au prince sous les yeux duquel il alloit combattre2 : « Monsieur