décembre 1793. 2. Rep. b. h, cap. i
MÉMOIRES
certains du jeune prince, doue par le ciel des plus heureuses dispositions Msr le duc de Berry servit d’abord comme volontaire. Wr le prince de Condé lui présenta les officiers les plus distingués de l’armée et ceux qui avoient été blessés dans les campagnes précédentes. Le jeune prince se fit remarquer par son amour pour la discipline et par son empressement à se soumettre aux règlements militaires. Il ne se plaignoit jamais que des usages étrangers à la France. « Il faut, s’écrioit-il , aller prendre les grosses bottes et tout l’attirail d’un Prussien, moi qui suis François autant que possible1 2. » Il étudioit les nouveaux et les anciens champs de bataille. Il visita Philipsbourg, où périt le maréchal de Berwick, et le champ de Saltzbach, où tomba Turenne. Il vouloit assister aux moindres affaires. Lorsqu’on lui représentoit qu’il se feroit blesser : « Tant mieux! disoit-il, cela fait honneur à une famille. » Il écrivoit à une femme : « La guerre va commencer. Nous en serons, nous autres princes. Il faut espérer, pour l’honneur du corps, que quelqu’un de nous s’y fera tuer. » Un billet de la même année3 montre la gaieté guerrière du prince ; il est adressé au jeune vicomte César de Chastellux :
« Votre aimable lettre m’a fait un grand plaisir, mon cher César ; je suis charmé du désir que vous me montrez d’imiter votre prédécesseur et d’entrer dans les Gaules ; vous y trouveriez des Vercingétorix, des Dumnorix en grande quantité; mais je ne doute point que votre courage et la cause que vous soutiendriez ne vous les fissent vaincre aisément. J’espère que sous peu d’années vous pourrez vous montrer digne de votre prédécesseur et de vos respectables parents. »