‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 268 sur 358 · octobre · texte numérisé non relu

octobre

MÉMOIRES

C’étoit au reste une étrange fortune que celle qui reléguoit un prince victime de la politique chez un peuple bouleversé par cette même politique , qui amenoit ce prince dans un pays que des diètes tumultueuses ont perdu , comme des assemblées populaires ont perdu la France. Et que de vicissitudes dans la destinée des rois de Pologne, depuis ce Jagellon qui conquit, perdit, reprit et refusa des couronnes, jusqu’à ce Casimir d’abord jésuite, ensuite cardinal, et puis roi, lequel, après avoir proposé pour monarque aux Poionois le duc d’Enghien , fds du grand Condé, vint oublier le trône aux soupers de Ninon, et mourut abbé de Saint-Germain-des-Prés !

L’armée de Condé avoit subi une nouvelle organisation. Les cavaliers nobles, distribués auparavant en différents corps , ne formoient plus qu’un seul régiment, destiné par l’empereur Paul à M^r le duc d’Angoulême. M§r le duc de Berry prit le commandement de ce régiment en l’absence de son frère; il employa ses loisirs à discipliner un corps superbe , mais difficile à conduire par la nature même de sa composition. 11 montra dans cette circonstance des talents qui annonçoient en lui un des meilleurs officiers de cavalerie de l’Europe.

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