‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 284 sur 358 · Aujourd’hui Mme la duchesse de Blacas · texte numérisé non relu

Aujourd’hui Mme la duchesse de Blacas

SUR LE DUC DE BERRY

tion bien agréable pour moi, et je n’y pouvois être d’aucune utilité au service du roi. Depuis que la paix a été faite, je vous ai écrit trois fois sans recevoir jamais de réponse de vous. Cette incertitude-là est cruelle : pourquoi ne pas me dire franchement les volontés du roi à mon égard? J’aurois été aussi heureux qu’il est possible, lorsqu’on n’est pas dans son pays, d’être uni à la famille de Naples et de tout devoir à des parents aussi bons ; mais les circonstances empêchent-elles cette union? Ma présence seroit-elle incommode? Le traitement qu’on a bien voulu m’accorder est-il une gêne dans un moment où les finances du roi sont si cruellement obérées? Je mets le tout à ses pieds, avec la même reconnoissance : je vous supplie seulement de vouloir bien faire continuer de payer les 5,000 ducats que le roi a eu l’extrême bonté d’accorder aux officiers de ma maison. Ces gentilshommes, invariables dans leur devoir et leurs principes , ne fléchiront jamais la tête sous le joug d’un usurpateur, et tous ont abandonné leurs fortunes pour me suivre. Je ne réclame donc rien pour moi que le passé. Je n’ai eu jusque ici d’autres ressources que la générosité du roi ; mais vous savez sûrement les retards que j’ai éprouvés. Cela me met dans le plus grand embarras. N’ayant rien à moi, je regarderais comme une infamie de faire une dette.

« Je suis bien sûr que vous sentirez les raisons de mon empressement à connoître mon sort, quand vous saurez que dans un mois je n’aurai en vendant mes équipages que de quoi rejoindre mon père. »

La réponse de M. d’Acton n’arriva point \ et M»r le duc de Berry partit pour l’Angleterre.

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