Victor, jun. ; Aurel. Victor.; Euseb., Chron
5. Prob., Vit , Hist. Aug., p. 238 et seq.; Zos., lib. i; Bucharii Hist. Belg ., lib. m, p. 1 ; Hier., Chron.
milles de longueur, depuis le Rhin jusqu’au Danube1. Probus conçut le plan régulier de défendre l’empire contre les barbares avec des barbares. Quand la république réunissoit des peuples à ses domaines, elle leur apportoit la vertu en échange de la force qu’elle recevoit d’eux. Que pouvoient les Romains du siècle de Probus pour les barbares ?
Une poignée de Franks auxiliaires, que Probus avoit relégués sur le rivage du Pont-Euxin , s’ennuyèrent ; ils s’emparèrent de quelques barques, franchirent le Bosphore, désolèrent les côtes de la Grèce, de l’Asie et de l’Afrique, prirent et pillèrent Syracuse, entrèrent dans l’Océan, et, après avoir côtoyé les Espagnes et les Gaules, vinrent débarquer dans leur patrie aux embouchures du Rhin2, laissant le monde étonné d’une audace qui annonçoit un grand peuple.
Probus passa en Égypte, défit, dans la Thébaïde, les Blemmyes, sauvages d’Éthiopie, dont on ne sait presque rien; de là il marcha contre les Perses. Assis à terre, sur l’herbe, au haut d’une montagne d’Arménie, mangeant dans un pot quelques pois chiches, habillé d’une simple casaque de laine teinte en pourpre, la tête couverte d’un chapeau, parce qu’il étoit chauve, sans se lever, sans discontinuer son repas, Probus reçut les ambassadeurs étonnés du grand roi. Il leur dit qu’il étoit l’empereur; que si leur maître refusoit justice aux Romains, il rendroit la Perse aussi nue d’arbres et d’épis que sa tête l’étoit de cheveux; et il ôta son couvre-chef. « Avez -vous faim? » ajouta ce Popilius de l’empire, « partagez mon repas; sinon, retirez-vous3. »
1. Limes inter Rhenum atque Danubium ab Hadriano imperatore ligneo muro munitus, a Germanis sub Aurelio eversus, a Probo restauratus, et muro lapideo fuit firmatus. (Danielis Sciiopelini Alsat. lllust., t. 1, p. 223.)
2. Itidem cum Franci ad imperatorem accessissent, et ab eo sedes obtinuissent, pars eorum quaedam defectionem molita , magnamquo navium copiam nancta, totam Græciam conturbavit. In Siciliam quoque delata, et urbem Syracusanam adorta, magnam in ea cædem edidit. Tandem cum et in Africam adpulisset ac refecta fuisset, adductis Carthagine copiis, nihilominus domum redire nullum passa detrimentum potuit. (Zosim., lib. i, p. 20, edit. Basileæ.)
3. Quo in habitu deprehensum a legatis Carinum aiunt. Purpurea vestis humi per herbam jacebat; cibus autem erat pridianum ex ipsis elixis pulmentum, in bisque trusta quæ dam et inveterata porcinarum carnium salsamenta. Eos ergo (Parthorum legatos) cum vidisset, nequo surrexisse ncque quidquam mutasse fertur, sed, e vestigio vocatis , dixisse se quidem illos scire ad sese venire, se enim Carinum esse, juvenique régi in eadem die rcnuntiarent jubere, ni saperct omnem ipsorum saltum, campumque omnem intra lunare spatium Carini capite fore nudiorem, simulque dicentem, detracto pileo, caput ostendisse nihilo galea adjacente villosius : ac si quidem esurirent, ut manum una in ollam immitterent permissurum, sin minus, jubere se eadem hora recedere.
Synesii episcopi Cyrenes de regno ad Arcadum impcrat., interprète Dyonisio Peta-
Probus donna des terres en Thrace à cent mille Bastarnes (nation scythe ou gothique), qui s’attachèrent au sol. Il en avoit partagé d’autres aux Gépides, aux Juthongues, aux Vandales, aux Franks : tous ceux-ci se soulevèrent à divers intervalles.
On peut fixer au règne de Probus la fin de la première grande invasion des barbares, bien que les mouvements s’en fissent encore sentir sous Carus, Carin, Numérien, et qu’ils se prolongeassent sous Dioclétien jusqu’à l’avénement de Constantin à l’empire.
Probus, délivré des guerres étrangères, étouffa les révoltes de Saturnin, de Proculus et de Bonose. Dans le retour d’une si grande paix, il affirmoit qu’on n’auroit bientôt plus besoin d’armée. Il occupa les troupes oisives à planter des vignes dans la Pannonie , la Mésie et les Gaules, et, selon Vopiscus, jusque dans la Grande-Bretagne; on croit que la Bourgogne lui est redevable de ses premières richesses. Probus, guerrier si digne du sceptre , n’en fut pas moins tué par ses soldats dans une guérite de fer, d’où il surveilloit les légions employées au dessèchement des marais de Sirmich, sa patrie1.
Carus, qui vint après Probus, étoit. né à Narbonne, selon les deux Victor. Il se disoit originaire de Rome, et il n’est pas surqu’il vit jamais cette capitale du monde, dont il étoit souverain. Il fut foudroyé après des victoires remportées sur les Perses, non loin de Gtésiphon , qu’il avoit pris 2. Quand la guerre, fatiguée, discontinuoit le meurtre de ses princes , le ciel s’en chargeoit..
Les fils de Carus, Carin et Numérien, reconnus empereurs, célébrèrent à Rome les jeux romains 3, que Calpurnius ou Calphurnius,
. poète oublié comme ces jeux, a chantés 4.
vio Jesu Presbytero. (P. 18, Lutetiæ, 1633.) — On sait qu’il y a erreur clans le texte de Synesius, et qu’il faut rapporter à Probus ce qu’il attribue à Carin.