LE MÊME LÉVITE
Au négligent pasteur l'aigle enfin s'est montré.
CALEB
Adultère Israël, dans ton brutal caprice,
Tu désertes d'Abel l'innocent sacrifice.
Et, cessant d'immoler la colombe et l'agneau,
Du meurtrier Gain tu rejoins le troupeau!
Vous, par qui l'esprit saint s'explique et prophétise,
Prêtres sacrés, avant d'aller trouver Moïse,
Que l'ange du Seigneur, dans ce ciel de saphirs,
Porte jusqu'au Très-Haut nos chants et nos soupirs.
La lune est au milieu de sa belle carrière.
Et c'est l'heure où des nuits nous offrons la prière.
CALEB
PRlÈnE.
Dieu , dont la majesté m'accable, Pure essence, divine ardeur, Qui peut comprendre la grandeur De ton nom incommunicable?
Je me retire, à ta lumière.
Au tabernacle de ta loi ;
Des nuits où nous veillons pour toi ,
C'est peut-être ici la dernière.
Si nous tombons dans les tempêtes Qu'excitent de noirs assaillants,