‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 4)Chapitre 109 sur 165 · DATE AN · texte numérisé non relu

DATE AN

Et pourquoi donc ce Dieu, si prodigue en bienfaits, Égare-t-il nos pas au désert où nous sommes !

MOÏSE

Pour t'enseigner les maux et les vertus des hommes;

Pour former aux combats nos faibles légions.

Dans le mâle berceau de l'aigle et des lions.

Toi qui, jusqu'au Très-Haut veux porter ton délire,

T'assieds-tu près de lui dans le céleste empire?

Vis-tu le Créateur, dans les premiers moments,

De ce vaste univers creuser les fondements.

Des vents et des saisons mesurer la richesse.

Et jusque sous les flots promener sa sagesse?

Des portes de l'abirae as-tu posé le seuil?

As-tu dit à la mer : « Brise ici ton orgueil. »

Misérable Dathan ! quoi ! vermisseau superbe,

Tu veux comprendre Dieu quand lu rampes sous l'herbe!

Admire et soumets-toi : le néant révolté

Peut-il dans ses desseins juger l'éternité?

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