‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 4)Chapitre 118 sur 165 · FILLES ISRAÉLITES · texte numérisé non relu

FILLES ISRAÉLITES

'Le joar commence à paraître : les lévites, ceints de leurs épces, tiennent dans la main droite nn bâton blanc, et dans la gauche une trompette. Quatre lévites portent le tabernacle, qu'ils ont enlevé du camp. Les jouneA filles israclitet portent des harpes et des tamboi^ias.)

CALEB

Moïse nous ordonne, au matin renaissant, D'aller le retrouver près du puits d'Élissant, Tandis qu'à nos autels les vierges retirées Rediront au Seigneur les plaintes consacrées. Partons. Que de l'enfer soit confondu l'orgueil !

MARIE

Mais de Joseph ici laissons-nous le cercueil? Verra-t-il des faux dieux les infâmes emblèmes?

344 moïse,

Non : les morts ont horreur de ces tlioux morts eux-mêmes. Dérobons ce cercueil, et courons le cachor Auprès du tabernacle, à l'abri d'un rocher : C'est Jacob tout entier qui fuit l'idolàlrie : Les enfants, les tombeaux, font toute la patrie.

(Calcb à la tête des léTÎtes, Marie à la tête des jeunes filles israéllle=, giavijsent le Sina. Six lévites enlévenl le cercueil de Joseph; quatre autres léïiles portent le tabernacle L'aurore parait; les lévites sonnent de temps en temps de la trompette, les deux chœurs se groupent diveriement sur les rochers, et chantent ou doclaloent en marchant ce qui suit :)

CHOEUR DES LÉVITES

Emportons les os de nos pères; De nos trésors c'est le plus beau.

Joseph vivant fut trahi par ses frères, Ne trahissons point son tombeau.

Page 1