‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 5)Chapitre 161 sur 219 · LA CALÉDONIE OU L'ANCIENNE ECOSSE · texte numérisé non relu

LA CALÉDONIE OU L'ANCIENNE ECOSSE

Quatre pierres couvertes de mousse marquent, sur les bruyères de la Calédonie, la tombe des guerriers de Fingal. Oscar et Malvina ont passé, mais rien n'est changé dans leur solitaire pairie. Le montagnard écossais se plaît encore à redire les chants de ses ancêtres; il est encore brave, sensible, généreux; ses mœurs modernes sont comme le souvenir de ses mœurs antiques : ce n'est plus, qu'on nous pardonne l'image, ce n'est plus la main du barde même qu'on entend sur la harpe : c'est ce frémissement des cordes produit parle toucher d'une ombre, lorsque la nuit, dans une salle déserte elle annonçait la mort d'un héros.

Carril accompanied his voice. The music wns lihc t/ie meu/oiy of joys that are past, pleasant^ anJ mouruful lo Ihe soûl. The ijhosls of depurled bards heard il from Slimora's side, snfl snnnds spread along the wood^ and tye silentwalley ofnight rejoicc. So r:hen he sUs, in the silence of noon, in Ihe walley of his breeze. the hnmming of Ihe monlain's bee cornes lo Ossian's ear : Ihe gale drowns il oflen in ils course : but Ihepleasantsound returns again. « CiHTil lucom-

pagnait sa voix. Leur musique, pleine de douceur et de tristesse, ressemblait au souvenir des joies qui ne sont plus. Les ombres des bardes décédés l'entendirent sur les lianes de Slimora. De faibles sons se prolongèrent le long des bois, et les vallées silencieuses de la nuit se réjouirent. Ainsi, pendant le silence du midi, lorsque Ossian est assis dans la vallée de ses brises, le murmure de l'abeille de la montagne parvient à son oreille ; souvent le zéphyr, dans sa course, emporte^ le son léger, mais bientôt il revient encore. »

L'homme, ici-bas, ressemble à l'aveugle d'Ossian, assis sur les tombeaux des rois de Morven : quelque part qu'il étende sa main dans l'ombre, il touche les cendres de ses pères.

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