MISSIONS DE LA NOUVELLE FRANCE
Nous ne nous arrêterons point aux missions de la Californie , parce qu'elles n'offrent aucun caractère particulier, ni à celles de la Louisiane, qui se confondent avec ces terribles missions du Canada, où l'intrépidité des apôtres de Jésus-Christ a paru dans toute sa gloire.
Lorsqueles Français, sous la conduite de Cliampelain, remontèrent le fleuve Saint-Laurent, ils trouvèrent les forêts du Canada habitées par des Sauvages bien différents de ceux qu'on avait découverts jusqu'alors au Nouveau-Monde. C'étaient des hommes robustes, courageux, fiers de leur indépendance, capables de raisonnement et de calcul, n'étant étonnés ni des mœurs des Européens, ni de leurs armes ' , et qui, loin de nous admirer comme les innocents Caraibcs, n'avaient pour nos usages que du dégoût et du mépris.
Trois nations se partageaient l'empire du désert; l'Algonquine, la plus ancienne et la première de toutes, mais qui, s'étant attiré la haine par sa puissance , était prêle à succomber sous les armes des deux autres ; la Huronne , qui fut notre alliée, et l'Iroquoise, notre ennemie.
Ces peuples n'étaient pas vagabonds ; ils avaient des étabUsse-
' Dans le premier combat de Champclain contre les Iroquois, ceux-ci soutinrent le feu des Français sans donner d'abord le moindre signe de frayeur ou d'élonnemeut.