‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 5)Chapitre 38 sur 219 · AMPHIBIES ET REPTILES · texte numérisé non relu

AMPHIBIES ET REPTILES

On trouve au pied des monts Apalaches, dans les Fiorides, des fontaines qu'on appelle puits naturels. Chaque puits est creusé au centre d'un monticule planté d'orangers, de chênes verts et de catalpas. Ce monticule s'ouvre en forme de croissant, du côté de la savane, et un courant d'eau sort du puits par cette ouverture. Les

*Les plumes éloquentes qui ont décrit les mœurs de ces animaux nous dispensent de nous étendre sur ce suji t. Nous dirons seulement que les éléphants ne nous paraissant d'une siruciure si étrange que parce que nous les voyons séparés des végétaux, des siies, des eaux, des moni;tgnes, des couleurs, de la lumière, des ombres et des cieux qui leur sont propres. Les productions de nos latitudes, mesurées sur une petite échelle , les formes généralement rondes des objets, la linesse de nos herbes, la dentelure légère de nos feuillages, l'élégance du port de nos arbies , nos jours trop pâles, nos nuits trop fraîclies, les teintes trop fuyardes de nos verdures, enfin la couleur même, le vêlement, l'architecture de l'Européen, n'ont aucune concordance avec l'éléphant. Si les voyageurs observaient plus exactement, n ius saurions comment ce quadrupède se marie à la nature qui le produit. Pourrions, nous croyons entrevoir quelques-unes de ces relations. La trompe de l'éléphant par exemple, a des rapports marqués avec les cierges, les aloès, les lianes, Icj rotins, et, dans le règne animal, avec les longs serpents .1rs Indes; ses oreilles sont taillées comme les feuilles du figuier oriental; sa peau est écailleuse , molle, et pourtant rigide comme la liourre qui enveloppe une partie du tronc du palmier, ou plutôt comme la fil;isse ligneuse du coco ; beaucoup de plantes grasses des tropiques s'appuient sur la terre comme ses pieiis, cl en ont la forme lourde et carrée ; son cri esta la fois prèle et fort comme celui du Cafic, comme le cri de guerre du Cipaye. Lorsque, couvert de riclies t;>pis, chargé d'une tour semblable aux minarels d'une pagoiie , l'éléphani appui le qiiehpie pieux monarque aux débris de ces temples qu ou trouve dans la pri.'sqii iledcs Indes, la colonne de ses pieds, sa figure irrégulière, sa pompe barbare, s'allient avec cette architecture colossale formée de quartiers de roches entassés ks uns sur les autres : la bêle et le nionuuiciit en rui'»c semblent être deux restes du temps des géants.

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