CHAPITRE XXVÏ
Suite. — Les Maux.
Si telle fut l'influence de la révolution républicaine sur la Grèce considérée du côté du bonheur, sous le rapport de ladversité elle n'est pas moins remarquable. L'ambition, qui forme le caractère des gouvernements populaires, s'en)para bientôt des républiques, comme il en arrive à présent à la Fran c. Les Athéniens, non contents d'avoir délivré leur patrie, se laissèrent bieniot emporter à la fur\ ur des conquêtes. Les armées des Grecs se mnUii>lièreni sur tous les rivages. Nul pays ne fut en sûreté contre leurs soldats. On les vii-courr comme un feu dévorant dans les îles de la mer Egée ^, en Egypte^, en Asie ^ Les peuples, d'abord cbloms de leurs succès gigaulcsqucs, revinrent peu à pou de leur étonnemenl, lorsqu'ils virent que de si grands exploits ne lenduicut pas tant à l'indépendance qu'aux conquêtes ®, et que les Grecs, en devenant libres, prétendaient enchaîner le reste du monde *°. Par degrés il se lit contre eux une masse collective de haine ", comme ces balles de neige qui. d'abord échappées à la main d'un enfant, parviennent, en se roulant sur elles-mêmes, à une grosseur monstrueuse. D'un autre côté, les Athéniens, enrichis de la depouille des autres nations *^, couimencèi ent à perdre le principe du gouverncmenipdpulaire: la vertu *^ Bientôt les places pubi ques ne retentirent p'us que des cris des démagogues et des factieux **. Les dissensions les plus funestes éclatèrent. Ces petite^ répubiiqucs, d'abord unies parle malheur, se divisèrent dans la piospérité : chacune voulut dominer la Grèce. Des guerres cruelles, entretenues par l'or de la Perse, plus puissant que ses armes,"^ s'allumèrent de toutes parls^^. Pour mettre le comble aux désor.ires, l'esprit humain, libre de toute loi par rinlluence de la révolution , enlania è la lois ious les chefs-d"œu-
autre vérité, qui, j'ose le dire, deviendra fondamentale en politique, savoir : qu'il y a une liberté , tille des Itunières. C'est aux rois à décider s'ils veulent que celte liberté soit monarchique ou républicaine : cela dépend de la sagesse ou de l'imprudence de leurs conseils. (N. Éd.) » l*LUT., in Cim,, p. 483.
Kz'.ytOu, rois xî'voiv nudojj.z-JOi •joy.îij.oi.i.
S Pjut., inlyc.
4 Plut., in Aritlid.
5 Plat , in l*hœd.
6 F LUT., m Tkem., p 122; /d., in Cim,
7 TnutYD.Jib. I, cap. ex.
8 Dioi). SIC, lib. H, p. 47.
9 Pi. UT., in Cim., p. 489.
>o Id., ibid.
>« TnucYi).,lib. i,cap. ci.
>« Irf., ibid.
>3 Plat., de Leg , lib. iv, p. 706.
«4 AiusTOT., de Rep., lib. v, cap. III.
>5 II esi impossible de miilliplier les citalions à rinfini. JVn<»afie le llftlenr à lire quelque ln$loire sénérnle <le la Grèce 11 y verra, à l'époque dont je parle dans ce ciiapilre, une ressemblance avec h France qui l'elonnera. Des villes prises et pillées sans pilié ; des peuples forces i des coiiliibnlions; la neulralilé des puissances violée; d'autres ot)lip;ées parles Athéniens à se joindre à enx contre des Elats avec lesquels elles n'avaient aucun sujet de guerre. Enfin, l'insolence el l'injnslice porlées à leur comble : les Athéniens traitant avec le dernier mépris les ambassadeurs des nations, el disant ouverlemcut qu'ils oe cuuuabsaieui d'autre droit que la force. (Voyez TuucYU., lib. v, etc., etc.)
vre des arts et tous les systèmes destriicieiirs de la morale et de la société. Une foule de beaux eispriisariaclièrenl Dieu de son irône et se mireni à prouver l'athéisme *. Des multiiudes de légistes publièrent de nouveaux plans de république; tout «Uait inondé d'écrits sur les vrais principes de la liberté^ : Philippe et Alexandre parurent.