MALCOLM
Ouet est !e dernier malheur ?
ROSSE, à Macduff.
Votre château est surpris, voire témuie et vos enfants sont inhumainement
massacrés...
MACDUFF
Mes enfants aussi?
ROSSE
Femmes, enfants, serviteurs, tout ce qu'on a trouvé!
MACDUFF
El ma femme aussi?
ROSSE
Je vous l^i dit.
MÀLCOLM.
Prenez courage; la vengeance offre un remède à vos maux. Courons, punissons le tyran !
MACDUFF
Il n'a point d'enfants!
Quelle vérité et quelle énergie dans la description des malheurs de TEcosse! Ce sourire qui n'est plus que sur la bombe des enfants, ces cris qu'on n'ose pa> remarquer, ces trépas si fréquents qu'on ne daign<', plus demander pour qui sonne la cloche funèbre, ne ci oit-on pas voir la France sous Robespierre ? XéuupliQn a fait à peu près la même peiniuie d'Athènes sous le règne des treille tyrans :
484 MÉLANGES iITTÊlAniES.
« Allirnps, (lit-i!, n'était qu'un vaste tombe;iu, habité par la lorrpur et le silence ■ le "es!*» pt «c le couixl'œil, la pensée niêin., devenaient funestes aux mallii'ueux citoyens On étiUiiif Ip m front <!e la viclnne,el les se leiats y cliercliaienl la caudeuret la vertu, comme un iu^e târ 1^ « d'y découvrir ie crime caciie du coupable ». » "
Le (Jialo^'ue de Rosse et <ie Macdufff?,m)e\]e celui <le Flavian ei de Ciiriace dans Corneille, lorsque FInvian vi»«nt aiinuiicer à ramant de Camille uu'd a été choisi pour combattre les Horaces :
.... j . . . CUHIACB.
Albe de trois guerriers a-t-el!e fait le choix ?
, . „ FLAVIAN
Je viens pour vous rapprendre.
CURIAOK.
Eh bien ! qui sont les trois?
„ :, , , FLAVIAN
Vos deux frères et vous.
GURIACE.
Qui?
FLAVIAN
Vous et vos deux frères, . Les interrogations de Macduff et de Curiace sont des beautés du même ordre. Mes enfants aussi? — Femmes, enfants. — FA ma femme aussi ? — Je vous Vai dit. — Eh bii:n! qui sont les trois? — Vos deux frères et vous. — Qui ? — Vous et vos deux frères. Mais le moi de Shakespeare, Il n'a point d enfants ! reste sans parallèle.
Le même hoanne qui a tracé ce tableau a écrit la scène charmante des adieux de Roméo et de Juliette. Roméo, condamné à l'exil, est surpris par le jour naissant chez Juliette, à laquelle il est marié seciètenienl :
Will thou be gone ? H it nol yet near day :
It wa$ the nighlingale. and nol ihe lai h
Thaï pierc'd ihe feai fui hoUovo oflhine ear, etc.
JULIETTH.
Veux-tudéjàpartir?Lejour ne parait point encore. C'était le rossignol, et non l'alouette, dont la voix a frappé ton oreille ahirmée . il cliaule toute la nuit sur cet oranger lointain. Crois-moi, mon jeune époux, c'était le rossi^^nol.