RESPONGE PAR VICTOR BRODE AU AU PRECEDENT
Au bon vieulx temps, que Vamour par bouquetz
Se demenoit, et ^parjoyev^ caquetz^
La femme estoit trop sotte ou trop peu fine ;
Le temps, depuis, qui tout fine et affiné,
Lui a monstre à faire ces acquestz.
Lors les seigneurs estoient petits nacquetz. D'aulx et oignons se faisoient les banquetz, Bt n'estoit bruict de ruer en cuisine Au bon vieulx temps.
Dam^s aux huys n*avoient clefs ne loquetz; Leur garderobe estoit petits pacquetz De canevas ou de grosse estamine; Or, dyamans, on laissoit en leur mine.
Et les couleurs porter aux perroquetz Au bon vieulx temps.
d'une dame a un IMPORTUN
Tant seulement ton repos je désire, T'advertissant (puis qu'il fault le te dire) Que je ne suis disposée à t'aymer ; Si pour cueillir tu veulx donques semer, Trouve autre champ, et du mien te retire.
Bref, si ton cueur plus à ce chemin tire, Il ne fera que augmenter son martyre, Car je ne veulx serviteur te nommer Tant seulement.
Tu peulx donc bien autre maistresse eslire ; Que pleust à Dieu qu*en mon cueur peusses lire» Là où Amour ne t*a sceu imprimer; Et m'esbahy (sans rien desestimer) Gomment j'ay pris la peine de t'escrire
Tant seulement. i
396 RONDBACX
DB LA Mal MARIBB QUI NE YBULT FAIRB AMY
Contre raison Fortune resvoUée Trop lourdement devers moy est voilée.
Quand pour loyer de ma grand' loyaulté Du mien espoux je n'ay que cruaulté, En lieu d'en estre en mes maulx consolée.
Or d'autre amy ne seray je accoUée, Et aymerois mieulx estre décollée Contre raison.
La Qeur des champs n'est sechée et foulée Qu'en temps d'yver; mais moy, povre afToilée, Pars en tout temps la fleur de ma beauté. Ilélas! ma mère, en qui j'ay privante, Reconfortez la povre désolée Contre raison.
DB l'ingonstancb d'ysabeai;
Connue inconstante et de cueur faulse et lasche Elle me laisse. Or, puis qu'ainsi me lasche, A vostre advis, ne la doys je lascher! Certes ouy ; mais autrement fascher Je ne la veulx, combien qu'elle me fasche.
Il luy fauldroit (au train qu'à mener tasche] Des serviteurs à journée et à tasche; En trop de lieux veult son cueur attacher^ Comme inconstante.
Or, pour couvrir son grand vice et sa tache. Souvent ma plume à la louer s'attache : Mais à cela je ne veulx plus tascher, Car je ne puis son lÀaulvais bruy t cacher
Si seurement qu'elle ne le descache Gomme inconstante.
RONDBAU PARPAIGT A SBS AMYS APRÈS SA DELIVRANCE
En liberté maintenant me pourmaine, Mais en prison pourtant je faz cloué ; Voylà comment Fortune me demaine :
C'est bien et mal. Dieu soit du tout loué.
Les envieux ont dit qu^ de Noué N'en sortiroy s ; que la mort les emmaine 1 Maulgré leurs dens le neu est desnoué : En liberté maintenant me pourmaine.
Pourtant, si j'ay fasché la Court Rommaine, Entre meschans ne fuz onc alloué :
De bien famez j'ay hanté le dommaine, Mais en prison pourtant je fuz cloué.
Car aussitost que fuz desadvoué De celle là qui me fut tant humaine, , Bien tost après à sainct Pris fuz voué ; Voilà comment Fortune me demaine.
J'euz à Paris prison fort inhumaine ; A Chartres fuz doulcement encloué ; Maintenant voys où mon plaisir me maine : C'est bien et inal. Dieu soit de tout loué.
Au fort, amys, c'est à vous bien joué, Quand vostre main hors du pér me ramaine^ Escript et fiadct d'un cueur bien enjoué, Le premier jour de la verte semaine
En liberté.
CLtMSKT MABOT, U ti
l'adibu DB FEANGB ▲ l'bmpbrbur
Adieu, Gesar, Prince bien fortuné^ De vray honneur par vertu couronné ; Adieu le chef de la noble Toyson, Au départir de la propre maison Dont le bon Duc ton grand ayeul fut né.
Quand je t'auray cent foys adieu donné, Et à grand dueil des yeulx abandonné.
Le cueur fera pour toy son oraison
Adieu.
Le suppliant qu'un jour jà ordonné Te voye icy des tiens environné :
J'entens des tiens qui sont miens par raison. Or j'attendray ceste heureuse saison En grand désir que tu sois retourné.
Adieu, Gesar.