DE MONSIEUR DB PREGY
Le chevalier prisant dessoubz ce marbre cy François d'Alegre fut, et seigneur de Precy, Qui soubs Charles huictiesme à Naples se trouva, Là où sa force en guerre à vingt ans esprouva, Et y demoura chef, pour son premier mérite, De trois mil combatans, Suisses gens d'esîite : Avec lesquelz defifeit par deux foys en campaigne Plus gros nombre de ceulx de Naples et d'Espaigne.
Grand Seneschal esloit au royaume susdict, Mais trop tost cest office et son maistre perdit ; Ce nonobstant Loys, qu'âpre on couronna, D'estat de chambellan le deffunct guerdonna. En liiy donnant raaistrise et suprême puissance Dessus les claires eaux et grans foretz de France; Et en tous les perilz et grans guerres d'adoncques Alla et retourna, sans reproches quelzconques.
Loys douziesme mort, Françoys Roy couronné, Iceulx mesmes estalz, et mieulx, luy a donné.
Premier il espousa de Chartres la vidame, Dont n'eut aucuns enfans; mais la seconde dame, Comtesse de Joigny, et luy, deux filles eurent. Qui tout le réconfort de leur vieillesse furent. Or mourut aagé d'ans' soixante cinq et dix, Regretté de chascun : Dieu luy doint paradis.
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GIMETIBRB 453
DE MESSIRE JEAN GOTEREAU, GHEVAlER SEIGNEUR DE MAINTENON
Celluy qui gist cy dessoubz consommé Chevalier fut, Jean Cotereau nommé, Qui en jeunesse eut un si grand bonheur, Qu'il deceda plein de biens et d'honneur. En ce bonheur fortune favorable Le feit servir soubz estât honorable Un noble duc, qui après grand' souffrance Au chef porta la couronne de France.
Ce fut Loys, de ce nom le douziesme, Que le defunct suyvit en peine extrême Par tout, au pis de ses adversitez, Puis se sentit de ses prosperitez ; Car estant Roy (en bonne et voluntaire Recongnoissance) il le feit secrétaire Et trésorier des finances royales, Pour le loyer de ses vertus loyales.
Le maistre mort, le servant souspira, Et pour repos dèslors se retira Icy chez luy, où par dévote emprise Fonda, bastit et doua ces te église.
Ses bons subjectz il voulut fréquenter, Et leur apprint à semer et enter Commodément, et à rendre fertile Ce qui estoit désert et inutile, En leur faisant apporter de maint lieu Arbres divers. Puis mourant dict adieu A ses enfans, qui sur luy ont posée Geste epitaphe, et la tumbe arrosée De larmes d'oeil par naturel devoir.
Devant sa mort des ans pouvoit avoir Soixante et douze. 0 longue vie et belle, Ta longueur soit devenue éternelle !
kok CIMETIERE
DB LUY MBSMBS
Icy gist mort, vivant par bon renom, Jehan Cotereau, seigneur de Main tenon : Je dy celuy chevallier estimé, Du roy Loys douziesme tant aymé, Qu'en ses trésors pouvoir luy assigna.
Et aux secretz des finances signa.
Je dy celny, de vertu amateur, Qui de ce temple a esté fondateur.
Dçs ans vesquit près de soixante et douze. Chez luy mourut; puis enfans et espouse L'ont mis au cueur de sa fondation, Où il attend ressuscitation.
DB LUY BNGORBS
Je fuz Jehan Gotereau, qui quatre Roy servy, Desquelz en bien servant la grâce desservy. Et dont fut le dernier Françoys premier du nom, Soubz qui je trespassay seigneur de Maîntenon, Ayant ja servy France en son privé secret. Et en ses grans trésors, que laissay sans regret Pour venir cy attendre, en paix, de mort le jour, Où ce temple fonday po^r mon dernier séjour.
DBS ALLBMANS DB BOUROBS, RBGITB PAR LA DBBSSB MBMOIRB
Qui veult sçavoir grans accordz diifereos, Les plus nouveaulx qu'on veit entre parens Long temps y a, vienne en cest oratoire, Des Allemans lire la courte histoire.
Mémoire suis, qui avecques leurs corps Ne veulx souffrir enterrer leurs accords, Ains d'en escrire il me prend appétit.
Jean l'Allemant et Mai*îe Petit Deux autres Jeans en mariage acquirent, Qui en commun en un logis vesquirent ; Et ces deux Jeans deux Jannes espouserenl, Qui dix enfans sur la terre posèrent : Janne Gaillard espousa Jean Taisné, Une autre Janne eust l'autre Jean puisné^ Laquelle avoit le surnom de Ghampanges.
Ainsi en noms conformes et estranges Furent tous cinq en amjtié confictz.
Et qui plus est, le bon père et ses filz . Gomme de noms d'estatz furent esgaulx, Estans tous trois receveurs generaulx.
Le père au faict des Normans travailla, Puis ceste charge au fils aisné bailla, Et le puisné receut charge semblable En Languedoc. 0 peuple vénérable, Les corps humains que j'ay cy declairez. De mesme estât et mesme honneur parez, De mesme nom, de mesme nourriture.
Sont enterrez soubz mesme sépulture.
Faictes à Dieu de bon cueur oraison Qu'au ciel leur doint une mesme maison.