DE MAISTRE GUILLAUME CRETIN, POETE FRANÇOYS
Seigneurs passans, comment pourrez vous croire De ce tumbeau la grand'pompe et la gloire? Il n'est ne painct ne poly ne doré, Et si se dit haultement honoré, Tant seulement pour estre couverture D'un corps humain cy mys en sépulture : C'est de Crétin, Crétin qui tant sçavoit.
Regardez donc si ce tombeau avoit De ce Crétin les faictz laborieux, Comme il devroit estre bien glorieux, Veu qu'il prend gloire au povre corps tout mort, Lequel par tout vermine mine et mord.
0 dur tumbeau, de ce que tu en cœuvres Contente toi ; avoir n'en peulx les œuvres : Chose éternelle en mort jamais ne tombe. Et qui ne meurt n'a que faire de tumbe.
DE LOYS JAGOYNBAU
Gy gist Loys, Jagoyneau surnommé :
Trésorier fut en charges renommé, Et de pecune onc ne thésaurisa, Ains de vertu, que plus qu'argent prisa.
Je ne sçay pas de quel' race estoit il ; Mais je sçay bien que son cueur fut gentil, Hardy, courtois, de trèsnoble nature.
Et trop plus grand que du corps la stature. Il est certain que Chasteaudun, son estre, Soubz libéral' planette le feit naistre. Receveur fut de Soissons ; et de faict,
'M CIMETIBRfi
France le feit, Tltale Ta defifiûct.
Italiens en ont le corps icj,
Et les Françoys le dueil et le soucj.
Avec lequel dessus luy ont posé
Ce dur tombeau de leurs pleurs arrosé.
Or de ravoir si tost mort estendu.
Mort le trompa; car, tout bien entendu, Sou vif esprit à grans biens pretendoit. Monté soit il plus hault qu'il ne tendoit.
DE MAOAICB LA. RBOBNTB, MBRB DU ROT
Celle qui travailla pour le repos de maints Repose maintenant; pourquoy criez, humains? Gardez bien le repos qu'elle vous a donné, Sans luy rompre le sien, puis qu'il est ordonné.
DB PLORIMOND DB CHAMPBYBRNB
Le Roy, la Mort, aymerent Florimond De Ghampeveme, en son florissant aage ; Le Roy par temps le poulsa vers le mont D'honneur et biens en suffisant estage ; Mais Mort, voulant le traicter d'avantage. En un moment le poulsa jusque aux cieulx. Et feit trèsbien, car des bons l'héritage N'est point assis en ce val vicieux."