‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 2)Chapitre 176 sur 188 · DE ANNE DE BEAURBGARD, QUI MOURUT · texte numérisé non relu

DE ANNE DE BEAURBGARD, QUI MOURUT

A FERBARB

De Beauregard Anne suis, qui d'enfance Laissay parens, pays, amys et France, Pour suyvre ici la duchesse Renée, Laquelle j'ay depuis abandonnée.

Futur espoux, beauté, fleurissant aage, Pour aller veoir au ciel mon héritage, Laissant le monde avec moindre soucy Qu'en laissant France alors que vins icy.

DE HELEINE DE BOISY Vers alexandrins

Ne sçay où gist Heleine en qui beauté gisoit,'

Mais ici gist Heleine où bonté reluisoit.

Et qui la grand' beauté de l'autre eust bien ternie

Par les grâces et dons dont elle estoit garnie.

Doncques, ô toy passant qui cest escript liras,

Va, et dy hardiment en tous lieux où iras :

« Heleine Grecque a faict que Troye est déplorée ;

Heleine de Boisy la France a décorée. »

iM CIMBTIERB

DB MONSIEUR DU TOUR, MXlSTRE ROBERT GEDOYN

Sçais tu, passant, de qui est ce tumbeau ? D'un qui jadis, en cheminant tout beau. Monta plus hault que tous ceulx qui se hastent. C'est le tumbeau là où les vers s^appastent Du bon vieillard agréable et heureux Dont tu as vcu tout le monde amoureux. Cy gist, helas ! plus je ne le puis taire, Robert Gedoyn, excellent secrétaire.

Oui quatre Roys servit sans desarroy.

Maintenant est avecques le grand Roj, Où il repose après travail et peine.

Or a vescu personne d'aage pleine.

Pleine de biens et vertu honorable ; Puis a laissé ce monde misérable Sans le regret qui souvent Thomme mord. O vie heureuse, ô bien heureuse mort 1

DB JEAN l'huilier, GONSBILLBR

Incontinent que Loyse le Maistre Congneut qu^aux vers le corps on faisoit paistre De son espoux, le prudent Jean L'Huilier : « Helas ! (dit elle) amy trèssingulier, Voslre prudence, au sénat honorée, Eust mieulx porté que moy, lasse, esplorée. Le dueil de mort. Inutile je vy, Et vous eussiez encores bien servy.

Car vous estiez vertueux et sçavant.

Las 1 pourquoy donc ne suis je morte avant ? »

En ce regret demoura des moys douze La bonne, belle et vertueuse espouse.

Puis trespassa, et en mourant va dire : « C'est trop d'un an sans veoir ce qu'on désire. Mon esprit va le sien là hault chercher ; Vueille mon corps auprès du sien coucher. * Ce qui fut faict, et n'a sceu Mort tant poindre Qu'elle ait desjoinct ce qu'Amour voulut joindre.

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