BPITAPHB DU CONTE DB SALLES
S'oncque à pitié il te convint mouvoir Et d'autrui cas ou malheur te douloir, 0 viateur, ne te desdaigne mie Veoir cest escript et piteuse omelie ; Si cremiras le grief despart d'un Conte Oui vivant pleut en toute compaignie ; Mais on n'en faict mise, recepte ou compte.
Je suis celluy, comme tu dois sçavoir, Conte de Salles, assez plaisant à veoir. Oui par mes gestes, brocardz et tragédie Mainte assemblée ay souvent resjouie.
En entretien ayant plus grâce que honte Et en accordz et doulx chanlz armonie ; Mais on n'en faict mise, recepte ou compte.
Cuydant fuyr le naturel devoir.
Mort ou passage m'arrester eut vouloir, Et n'est amy qui à m'ayder s'emplye.
Par quoy laissay pour bon gaige ma vie. Dont j'ay quittance, sans faulte ne mescompte, Escripte au roUe des morts d'epidemie ; Mais on n'en faict mise, recepte ou compte.
Prince, inutil est mon ramentevoir, Parquoy vous dis adieu jusque au revoir ; Des bonnes partz la meilleure ay choysie': Fol est pour vray qui au monde se fie. Car tel est bien hault juché qu'on démonte ; L'homme prudent à tel jeu ne Tenvye ; Mais on n'en faict mise, recepte ou compte.
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