‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 2)Chapitre 99 sur 188 · ELEGIE XXVI A UNE QUI REFUSA UN PRESENT · texte numérisé non relu

ELEGIE XXVI A UNE QUI REFUSA UN PRESENT

Quand je vous dy (sans penser mal affaire) « J'ay, chère sœur, un présent à vous faire. Le prendrez vous? » dès que m'eustes ouy Dit ne me fut le contraire d'ouy ; Parquoy, ma sœur, si en vous l'envoyant Y a forfaict, chascun sera croyant Que non de moy, mais de vous, vient l'offense. Et pour renfort de ma juste deffense, (Sans me vanter) ce mot bien dire j'ose Qu'en maint bon lieu j'ay donné mainte chose, Que l'on prenoit sans penser le donneur Prétendre rien du prenant que l'honneur. Que n'avez vous de moy ainsi pensé?

Jamais me suis je en termes advancé Auprès de vous qu'honneur et Dieu ensemble N'y fussent mis ? Quelque foys^ ce me semble, Je vous ay dict (si bien vous en souvient) : « Treschere sœur, si service vous vient De mon costé, je vous supply n'entendre Que je vous vueille obliger le me rendre. » Brief, mes propos, tenuz d'affcction, Seront tesmoings de mon intention; Vous asseurant que l'estime immuable Que j'ay de vous est si grande et louable Que rien par vous n'y peult estre augmenté En reflusant un offre présenté.

Il n'est pas dit (certes) que tous donneurs Voysent cherchant (par tout) les deshonneurs Et n'est pas dit que les dames qui prenent

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