‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 3)Chapitre 130 sur 234 · À CELUY DONT LES LETTRES CAPITALES PORTENT LE NOM · texte numérisé non relu

À CELUY DONT LES LETTRES CAPITALES PORTENT LE NOM

Veu ton esprit, qui les autres surpasse, Je m'esbahys comme je prens audace Composer vers. Est ce pour te valoir Touchant cest art? C'est plus tost bon vouloir, Ou franc désir, qui mon cueur induit à ce.

Rien n'est mon faict; le tien est don de grâce : Bfef, ta façon en peu de rithme embrasse Raison fort grande, et sans grand' peine avoir, Veu ton esprit.

Or désormais je veulx suyvre la trasse De ton hault sens, duquel la veine passe Entre les rocz du profond concevoir. A tant me tays, mais si en tel sçavoir "Veulx t'adonner, tu seras l'oultrepasse, Veu ton esprit.

xxm

DE MADAME LA DUCHESSE D'aLENÇON SŒUR UNIQUE DU ROY

Sans rien blasmer, je sers une maistresse Qui toute femme ayant noble haultesse Passe en vertus, et qui porte le nom D'une fleur belle, et en royal surnom Demonstre bien son antique noblesse.

En chasteté elle excède Lucresse :

De vif esprit, de constance et sagesse, C'en est l'enseigne et le droit goalTanon, Sans rien blasmer.

On pourroit dire : « Il l'estime sans cesse Pource que c'est sa Dame et sa princesse. » Mais on sçail bien si je dy vray ou non.

Bref, il ne fut en louable renom Depuis mille ans une telle duchesse, Sans rien blasmer.

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