DU VENDREDY SAINCT
Dueil ou plaisir me fault avoir sans cesse : Dueil quand je voy (ce jour plein de rudesse) Mon Rédempteur pour moy en la croix pendre ; Ou tout plaisir, quand pour son sang espandre Je me voy hors de l'infernalle presse.
Je riray donc : non, je prendray tristesse : Tristesse? ouy, dy je, toute liesse.
Bref, je ne sçay bonnement lequel prendre, Dueil ou plaisir.
Tous deux sont bons, selon que Dieu nous dresse; Ainsi la mort qui le Saulveur oppresse Faict sur noz cueurs dueil et plaisir descendre; Mais nostre mort, qui enfin nous faict cendre, Tant seulement l'un ou Fautre nous laisse, Dueil ou plaisir.