RONDEAU PARFAIGT A SES AMYS APRÈS SA DELIVRANCE
'En liberté maintenant me pourmaine, Mais en prison pourtant je fuz cloué ; Voylà comment Fortune me demaine :
C'est bien et mal. Dieu soit du tout loué.
Les envieux ont dit que de Noué N'en sortiroys; que la mort les emmaine! Mault^ré leurs dens le neu est desnoué : lEn liberté maintenant me pourmaine.
Pourtant, si j'ay fasché la Court Rommaine, Entre meschans ne fuz onc alloué :
De bien famez j'ay hanté le dommaine, Mais en prison pourtant je fuz cloué.
Car aussitost que fuz desadvoué De celle là qui me fut tant humaine, Bien tost après à sainct Pris fuz voué ; Voilà comment Fortune me demaine.
J'euz à Paris prison fort inhumaine ; A Chartres fuz doulcement encloué ; Maintenant voys où mon plaisir me maine : C'est bien et mal. Dieu soit de tout loué.
Au fort, amys, c'est à vous bien joué, Quand vostre main hors du per me ramaine. Escript et faict d'un cueur bien enjoué, Le premier jour de la verte semaine En liberté.
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l'adieu de FRANCE A l'eMPEREUR
(loiO)
Adieu, Gesav, Prince bien fortuné^ De vra}' honneur par vertu couronné ; Adieu le chef de la noble Toyson, Au départir de la propre maison Dont le bon Duc ton grand ayeul fut né.
Ouand je t'auray cent foys adieu donné, Et à grand dueil des yeulx abandonné.
Le cueur fera pour toy son oraison Adieu.
Le suppliant qu'un jour jà ordonné Te voye icy des tiens environné :
J'entens des tiens qui sont miens par raison. Or j'attcndray ceste heureuse saison En grand désir que tu sois retourné.
Adieu, Gesar.