‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 3)Chapitre 221 sur 234 · EPITAPHE DU CONTE DE SALLES · texte numérisé non relu

EPITAPHE DU CONTE DE SALLES

S'oncque à pitié il te convint mouvoir Et crautnii cas ou malheur te douloir, 0 viateur, ne te desdaigne mie Veoir cest escript et piteuse omelie ; Si gémiras le grief despart d'un Conte Qui vivant pleut en toute compaignie; Mais on n'en faict mise, recepte ou compte.

Je suis celluy, comme tu dois sçavoir, Conte de Salles, assez plaisant à veoir. Qui par mes gestes, brocardz et tragédie Mainte assemblée ay souvent resjouie, En entretien ayant plus grâce que honte Et en accordz et doulx chantz armonie ; Mais on n'en faict mise, recepte ou compte.

Cuydant fuyr le naturel devoir, Mort ou passage m'arrester eut vouloir, Et n'est amy qui à m'ayder s'emplye, Par quoy laissay pour bon gaige ma vie. Dont j'ay quittance, sans faulte ne mescompte, Escripte au rolle des morts d"epidemie ; Mais on n'en faict mise, recepte ou compte.

Prince, inutil est mon ramentevoir, Parquoy vous dis adieu jusque au revoir ; Des bonnes partz la meilleure ay choysie : Fol est pour vray qui au monde se fie, Car tel est bien hault juché qu'on démonte ; L'homme prudent à tel jeu ne l'envye ; Mais on n'en faict mise, recepte ou compte.

GOMPLAINGTES

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