‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 3)Chapitre 34 sur 234 · SŒUR UNIQUE DU ROY · texte numérisé non relu

SŒUR UNIQUE DU ROY

Si j'ay emprins en ma simple jeunesse De vous escrire, ô trèsliaulte Princesse. Je vous supply que par doulceur humaine Me pardonnez : car Bon Vo iloir, qui meine Le mien désir, me donna es lerance Que vostre noble et digne préférence Regarderoit par un sens trèsilluslre Que petit feu ne peult jecter grand lustre.

Autre raison qui m'induit et inspire De plus en plus le mien cas vous escrire C'est qu'une nuvct ténébreuse et obscure Me fut ad vis que le grand dieu Mercure, Chef d'éloquence, en partant des haults cieulx, S'en vint en terre apparoistre à mes yeulx, Tenant en main sa verge et caducée, De deux serpens par ordre entrelassée ; Et quand il eust sa face celestine (Qui des humains la mémoire illumine) Tournée à moy, contenance ne geste Ne peuz tenir voyant ce corps céleste Qui d'une amour entremeslée d'ire Me commença semblables motz à dire :

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