AU GENERAL PREVOST
Je Tay receu, Ion e^racieux envoy, trèscher seigneur, te pi'omettant en foy D'homme non fainct que leu et regardé Li'ay plusieurs foys, et si sera gardé, Tout mon vivant, parmy toutes les choses }ue j'ay au cueur par souvenir encloses, }ue je crains perdre, et dont j'ay cure et soing.
Ce tien escript, certes, sera tesmoing ^ tousjours mais de l'amytié ouverte Laquelle m'as de si bon cueur offerte "Jne la reçoy : et par ceste présente, De mesme cueur la mienne te présente.
Bien il est vray que la tienne amyiié Passe en pouvoir la mienne de moylié ; Mais de retour je t'offre le service.
Qui ne fauldra de faire son office En et par tout où vouldras l'employer.
Et sur ce poinct voys ma lettre ployer, pour me remettre aux choses ordonnées Que pour t'escrire avoye abandonnées.
A ALEXIS JURE, DE QUIERS EN PIEDMONT (loSo)
Amy Jure, Durs, ou aigres.
Je te jure Ou trop meigres,
Que désir, Qui l'a dit
Non loysir, A mesdict :
J'ay d'escrire. Toulesfoys
Or de dire Je m'en voys
Que tes vers Dire en sens
I Me sont verts, Que j'en sens.
Ton vouloir Faict valoir Tes escripts, Que j'ay pris En gré comme Si docte homme Chastelain, Ou Alain, Les eust faicts.
De leurs faicts Sans reproches Tu n'approches ; Mais il feult Ton deffault Raboter, Pour ester Les gros nœudz Lourds et neufz Du langage Tout ramage, Et que limes, Quant tu rithmes, Tes mesures Et césures.
Alors maistre Pourras estre, Car ta veine ]S"est point vaine ; Mais d'icelle Le bon zèle D'amytié Lamoytié Plus j'estime Que ta rithme, Qui un jour A séjour Sera faicte Plus parfaicte
Cependant, Attendant Que te voye, Je t'envoye Jusque en France Asseurance Que je quiers Congnoissance D"un de Quiers.