LIVRE i. 33?i
Mais à ce mal né fault grand'niedecîne, Tant seulement feult estre bien couché, Non pas en lict, n'en linge bien s^ché , Mais en Testât du noble roy chrestien.
Long temps y a que debout je me tien, Noble seigneur : prenez doncques envie De me coucher à ce coup si tresbîen , Que relever n'en puisse de ma vie.
, AU ROY
1 ANDIS que j'estois par chemin, r L'estat sans moy print sa closture : B Mais (Sire) un peu de parchemin i;^ M'en pourra faire Touverture : B Puis le trésorier dit, et jure, ô
Si du parchemin puis avoir , ^
Qu'il m'en fera par son sçavoir', C De l'or : c'est une grand'practique : 1> Et ne l'ay encores sceu vcoir C
Dans les fourneaux du Magnifique. ' ^
' Le Magnifique ëtait un charlatan célèbre , qui «e vantait de sa- '?oir composer Tor par des moyens chimiques , et s'enrichissait des bienfaits de François I*' , en lui fesant espérer d'immenses trésors.
AU CONTE DE CHASTEAUBRIAlfT , * LUT DEDIAITT UH LIVRE D*EPIGRA1IMES.
L«£ livre mien d^epigrammes te donne , Prince Breton , et le te présentant , Présent te fais , meilleur que la personne De Fouvrier mesrae, et fîist il mieulx chantant: Car mort ne va les œuvres abbatant Et mortel est celluy là qui les dicte : Puis den je suis, des jours a tant^ et tant : De m^y donner, ne seroit que redicte.
A MONSIEUR BRAILLON, MEDECIN.^
Cl* EST un espoir d'entière guerison,!
Puis que santé en moy desja s'imprime.
' Le comte de Chàteaabriant est un des seigneurs qui a fait le plus de bruit à la cour de François I*' , grâce à la beauté de sa femme, n e'talt peu courtisan , et n'arait pas la bassesse de s'estimer honore de partager sa femme avec le roi. Mais il montra une lâche cruauté, en attendant que le monarque eût entièrement oublié cette maîtresse , pour se livrer sans danger a sa vengeance , et laver son ancien affront dans le saog de sa coupable moitié.
^ Les quatre épigrammes suivantes sont adressées aux trois méde* cins que François I*' envoya pour soigner Marot pendant la maladie qui, en i53t, mit ses jours en danger. Voyez VEssai historique.