DE MONSIEUR DU VAL , ^ TRESORIER DE L*£SPAR6NE
1 O Y noble esprit qui veulx chercher les Muses,
En Pamassus (croy moy ) ne monteras:
De les trouver sur le mont tu t'amuses ,
Dont si m'en crois au val t'arresteras :
Là d'Helicon la fontaine verras ,
Et les neuf soeurs Muses bien entendues ,
Qui puis un peu (ainsi le trouveras)
Du mont Parnasse , au val sont descendues. *
1 Jean à\\ Val, trésorier de IVpargne, gendre de Guillaume Preud'homme , se mêlait un peu de poësie , et recherchait soigneusement Famitië de tous les hommes de mërite. A la mort de François !«', Diane de Poitiers , qui gouvernait à la place du faible Henri II , 6ta le maniement des finances à ce sage ministre , dont la probitë n'aurait jamais consenti à servir ses déprédations. . - ^ Voici la réponse de du Val ; il continue à jouer sur son nom :
Toy noble esprit , qui vonldias tVrrester * En aucnn yal , pour les neuf Muses Teoir ,
Et tous tes sens de nature apprester , Pour aucun frnict de leur science avoir : Ne pense pas un tel bien reocToir D^un Tai en friche , on ces sœurs ont trouva NouTCBu Tassai : mais s*il est abreuvé De la liqueur qui par Slarot distile
De Pamassus , lors sera espreuvi-, /
Combi«n tel mont peuU im val faire utile.
36o ÉPIGKAMMES.
A MONSIEUR DE JUiÎlT.
Xj^ARGEIïT par terre recueilly Peu de proufBct souvent ameine :
Parquoy, monseigneur de Juilly , Qui sçavez le vent , qui me meine*, Plaise vous ne prendre la peine De diviser si peu de bien :
Car ma boette n^est pas si pleine , Que cinq cens francz n'y entrent bien.
A MONSIEUR CRASSUSy QUI LUT VOULOFT AMASSER DEUX MILLE ESCUZ.
Cesse, Crassus, de fortune contraindre, Qui grand trésor ne veult m'estre ordonne : Suffise toy quelle ne peult -estaîndre . Ce nom, ce bruict, que vertu m'a donné. C'est à Françoys, ce grand roy couronne, A m'enrichir. Quant aux escuz deu» mille Que m'assembler ne trouves difficile D'autant d'amys : en vérité je tien ^
Qu'il n'y a chose au monde plus facile , Si tous avoient semblable cueur au tien.