DE HELEINE DE TOURNON
Au moys de may que Ton saignoit la belle,
Je Tins ainsi son médecin reprendre :
Luy tires tu sa cbakur naturelle ?
Trop froide elle est , bien me Ta faict apprendre :
Tais toy, dist il, content je te voys rendre :
J'oste le sang qui la fait rigoureuse,
Pour prendre humeur en amours vigoureuse ,
Selon ce moys qui chasse tout esmoy :
pas de raconter cette scandaleuse histoire. « En yérité, dit à ce t> sujet le cynique L. Dufresnoy, cela ëtoit plus édifiant que ce » qui s'est passé quelquefois depuis. Au moins les eVéques d'alors » se couYToient'ils du voile du sacrement. Oh ! que ce seroit une » belle partie de Phistoire ecdësiastique , et un irecueil aussi ins- » tmctif que curieux, que celui qu'on feroit des offîciaux , fi;rands- » vicaires, archevêques, ëvéques, cardinaux qui se sont mari^ , » sans abandonner néanmoins ni la religion, ni leurs béné' V fices!»
Ce qui fat fàict, et devint amourense.
Mais le pis est que ce n^est pas de moy. '
SPIGILAIIME qu'il PERDIT COlfTliE HELEINE DE TOURITON.
Pour un dizain que gaignastes mardy.
Cela n'est rien , je ne m'en fais que rire : £t fuz tresaise alors que le perdy , Car aussi bien je voulois vous escrire : Et ne sçavois bonnement que vous dire , Qui est assez pour se taire tout coy.
Or payez vous, je vous baille de quoy, D'aussi bon cueur que si je le donnoye: Que pleust à Dieu que ceulx à qui je doy. Fussent contens de semblable monnoye. '
' Boileau n'a pas dédaigné de remanier la penaëe de cette épigramme :
Toat me fait peine , Et depuis on jour
Je crois , Œmine , Qu^ j^ai de ramour.
Cette noaTelle Yons met en courronz ;
Tout beau , cruelle , Ce n'est pas pour tous.
^ Marguerite se chargea de répondre pour Hélène de Tournon à cette spirituelle épigramme :
Si œnlx à qui debve» , comme voxui dictes.
Vous oongnoissoient comme je voo;: congnois ,
Quitte seriez des debte:» que tous feistet
Le temps passé tant grandes que petites ,
£n leur payant un dizain toutesfoyA
Tel que le Tostre , * qui yault mieulx mille foys
* Ctm fâote de vertifictlion le reproduit «ooTent daas le» poésies de Mar|aerlle.