‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 4)Chapitre 173 sur 293 · DE HELEINE DE TOURNON · texte numérisé non relu

DE HELEINE DE TOURNON

Au moys de may que Ton saignoit la belle,

Je Tins ainsi son médecin reprendre :

Luy tires tu sa cbakur naturelle ?

Trop froide elle est , bien me Ta faict apprendre :

Tais toy, dist il, content je te voys rendre :

J'oste le sang qui la fait rigoureuse,

Pour prendre humeur en amours vigoureuse ,

Selon ce moys qui chasse tout esmoy :

pas de raconter cette scandaleuse histoire. « En yérité, dit à ce t> sujet le cynique L. Dufresnoy, cela ëtoit plus édifiant que ce » qui s'est passé quelquefois depuis. Au moins les eVéques d'alors » se couYToient'ils du voile du sacrement. Oh ! que ce seroit une » belle partie de Phistoire ecdësiastique , et un irecueil aussi ins- » tmctif que curieux, que celui qu'on feroit des offîciaux , fi;rands- » vicaires, archevêques, ëvéques, cardinaux qui se sont mari^ , » sans abandonner néanmoins ni la religion, ni leurs béné' V fices!»

Ce qui fat fàict, et devint amourense.

Mais le pis est que ce n^est pas de moy. '

SPIGILAIIME qu'il PERDIT COlfTliE HELEINE DE TOURITON.

Pour un dizain que gaignastes mardy.

Cela n'est rien , je ne m'en fais que rire : £t fuz tresaise alors que le perdy , Car aussi bien je voulois vous escrire : Et ne sçavois bonnement que vous dire , Qui est assez pour se taire tout coy.

Or payez vous, je vous baille de quoy, D'aussi bon cueur que si je le donnoye: Que pleust à Dieu que ceulx à qui je doy. Fussent contens de semblable monnoye. '

' Boileau n'a pas dédaigné de remanier la penaëe de cette épigramme :

Toat me fait peine , Et depuis on jour

Je crois , Œmine , Qu^ j^ai de ramour.

Cette noaTelle Yons met en courronz ;

Tout beau , cruelle , Ce n'est pas pour tous.

^ Marguerite se chargea de répondre pour Hélène de Tournon à cette spirituelle épigramme :

Si œnlx à qui debve» , comme voxui dictes.

Vous oongnoissoient comme je voo;: congnois ,

Quitte seriez des debte:» que tous feistet

Le temps passé tant grandes que petites ,

£n leur payant un dizain toutesfoyA

Tel que le Tostre , * qui yault mieulx mille foys

* Ctm fâote de vertifictlion le reproduit «ooTent daas le» poésies de Mar|aerlle.

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