‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 4)Chapitre 222 sur 293 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

Fuyez vienx oiseaulx de rivières , Et mangez force faisandeaux :

Ne dormez point après disner , Car le dormir est dangereux , Et quand se viendra au souper, Beuvez des vins délicieux :

Puis après , entre deux lincieulx Allez reposer voslre teste , Continuez un an, ou deux, De trois moys^ ne moun^ez de peste.

3UR Ï-RANÇOYS VILLON,* l'UN DE NOS MEILLEURS POETES FRANÇOYS SOUS lOYS XI.

Peu de Villons en bon sçavoir :

> François Villon , ne à Paris, en i43i. On se rappelle les deux yers que Boileau consacre à son ëloge :

Villon sut le premier ^Anna ces siècles grossiers , Débrouiller Tart confus de nos vieux romanciers.

' En effet, Villon, qui ayait plus d'esprit que d^ërudition, ^t se prësenrer de la barbarie de Pëpoque à laquelle il appartenait. Il se rendit aussi c^ébre par ses friponneries , que par ses ouvrages , où il Tante lui-même ses hauts-faits. Il fut condamne une première fois à être pendu. Ce quatrain , qu'U composa daus sa prison , a fait croire quHl avait subi sa sentence :

Je snis Françoys , dont ce me poyse , Né de Paris , près de Pontoyse ,

448 ÉPIGRÂMMES.

Trop de Villons pour décevoir. '

aESPONSE AUX VERS AFFICHEZ A PA&I8 QUAND BEDDA FUT FORBAKNY. *

Au feu , en l'eau , en l'air ou en la terre Soient priz et miz ces fok prédicateurs, Qui vont preschant sédition et guerre Entre le peuple et les bons précepteurs : Hz ont esté trop long tanps séducteurs , Et mis le monde en trouble et desarroy : Mais Dieu de grâce a voulu que le roy Aye entendu leur âopbistic parler , Qui les fera punir selon la loy , Au feu , en Teau , en la terre ou en l'air.

Or d^nne corde d'une tojse Sçanra mon col que moa en) poyae.

Mais le parlement commua la peine âe mort en celle du bannissement. Villon n'avait pas abandonné ses chères habitudes ; ses vols le firent de noiiyeau arrêter, en i46i. Il n'échappa des mains deU justice que par la protection de Lonis XI qui ne coanaissaU pourtant pas la cLémence. On ignore ce que Villon devint après sa délivrance.

* Ce distique se lisait en tête deVëdition des poésies de Villoa , publiée ]Jar Cl. Marot , en i53a.

^ Voyez le rondeau xvi du livre I.

lïVRE IV. 449

DB l'abbâ irr pMf ton taust. *

Monsieur Tabbë et monsieur son valet Sont faictz egaulx tous deux comme de cire : L'un est grand fol , Paulre petit fôlet : L'un veult railler ^ l'autre gaudir et rire : L'un boit du bon , Tautre né boit du pire : Mais un desbat au soir entre eulx s'esmeut , Car maistre abbé toute la nuict ne veult Estre sans vin » que sans secours ne meure : Et son valet jamais dormir ne peult, Taudis qu'au pot une goutte en demeure.

A LA TILLB DE PAUIS.

Paris, tu m'as faict maîntz alarmes ^ Jusque à me poursuyvre à la mort :

Je h'ay que blasonné tes armes : ^

' Voltaire citait souvent cette ëpigramme. C'est là ce que Boileau

appelle le bad/nage tie Marot

La IIarpb.

* Ce Ters fait prësomer que Marot avait compose quelque pièce

satirique contre les armes de la ville de Paris.

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