SUE LES SENTENCES ET BELLES MAJUMES DES ANCIENS
O I sçavoir veulx les rencontres plaisante^ Des sages vieux Ëiictes en devisant , O toy qui n'a lettres à ce duysantes, Grâces ne peulx rendre assez suffisantes An tien Macault , * ce gentil traduisant : Car en ta langue orras , icy lisant , Mille bons motz propres à oindre et poindre , Dictz par les Grecz et Latins, t'advisant. Si bonne grâce eurent en bien disant , Qu^en escrivant , Macault ne Ta pas moindre.
SUR LE HESMB 8UBJECT«
JDes bons propos cy dedans eontenuz, Rends à Plutarque , o Grée , un grand mercy : Soyez, Latins, à Erasme tenuz,
' Les Apophtegmes d'Erasme ,'trAâuiU en français , par Antoine Macault, imprimes à Paris , en i543.
* Antoine .Macault, surnommé VeJu Macauit, né à P^iort, no* taire, secrétaire et ralet-de-chambre de François I««^, a traduit plusieurs ouvrages grecs et latins.
452 ÉPIGRi^MMES.
Qui vous a tous traduict et esclaircy : Tous les Françoys en doibvent faire ainsi Au translateur , car en ce livre apprennent De bon sçavoir autant , quant à cecy , Que les Latins et les Grecz en comprennent.
CONTRE l'inique, A ANTOINE DU MOUUV, MASCOUHOTS , ET 4SAUDS GALLAND. ^
r UYEZ, fayez ( ce conseil fc vous donne), Fuyez le fol , * qui à tout nftil s'adonne , Et dont la mère en mal jour ht enceinte : Fuy^z Pinfame inhmnavae personne , De qui le nom si mal cimbale et sonne, Qu'abhorré est de toute oreille saincte: Fuyez celluy qui sans honte ne craîncte Compte tout hault son vice hors d'usance , Et en faîct gloire , et y prend sa plaisance : Qui s'aymera ne le ire<^enle donc.
O malheureux de perverse naissance : Bien heureux est qui fiiyt ta congaoissance^ Et plus heureux qui ne te congneut onc. *
' Voyez Tëpigramme lx d» lÎTre f .
^ Le savant la Monnoye pense que cette ^pigramitte regarde Etienne Dolet, qui, après atotr per<ln Pamitié de Marot, se tît entoure de la haine de ses plus andeni^ amis.
XIVllE IV. 453
L E cours du ciel qui domine icy bas * Semble vouloir, par estime commune , Cest an présent demonstrer maintz desbatz Faisant changer la couleur de la lune, Et du soleil la vertu claire et brune, n semble aussi par monstres orgueilleux Signifier cest an fort périlleux , Mais il dcbvoit, faisant tousjours de mesme^ Et rendant Pan encor plus merveilleux , Nous envoyer éclipse de caresme.
XTI.
REPLIQUE AUX VERS D*TJK GREFFIER BE LA MAISON DU DUC D*OR- LEAKS y QUI GUTDOIT QUE HAROT EUST FAICT LE HUICTAIN DES FRERES MINEURS.*
Prince, ce griffon qui me gronde, Semble Jouan qui se mordoit :
Que voulez vous que luy responde ?
* On savait que Marot n'aimait pas les moines; aussi on ne manqua pas de lui attribuer Pëpigramme des Frères mineurs , composée par Vtetor Brodeau ( voyez tome I«', Np!tre de Fripelipe où cette ^pigramme est citée). Un greffier de la maison du duc d'Orléans
454 ÉPIGRAISMES.
C'est la plus grand'pitié du monde , Excuser plus tost on le doibt :
Car quand ainsi son feu jectoit.
Et qu'il disoit : Argent en pouppe, Le povre homme se mescomptoit , Et Youloit dire qu'il estoit Tousjours yvre comme une souppe.
O'VV GROS PRIEUE.
Un gros prieur son petit filz baisoit y
Et mignardoit au matin en sa couche,
Tandis rostir sa perdrix on Êiisoit :
8e levé, crache, esmeutit et se mouche :
La perdrix yire : au sel de broc en bouche
La dévora , bien sçavoit la science :
Puis quand il eust prins sur sa conscience
Broc de vin blanc, du meilleur qu'on eslise:
Mon Dieu , dit il, donne moy patience,
Qu'on a de maulx pour servir saincte église.
s'ërigea en défenseur de la moinerie , et alla chercher querelle â Marot. Voici le huitain qui a donne lieu à cette réplique :
Tu dis , Marot, par tes raisons Qui ne valent le publier , Que quant allons par les maisons Disnons sans bourse deslier :
D'nn cas je te veulx supplier , Puis que tu n*as argent en ponppe , « Conuone moy rends toy cordelier ,
Tu disneru oonune je «ovppe.