‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 4)Chapitre 241 sur 293 · AD LICINIANUM, SCRIPTORES UNDE · texte numérisé non relu

AD LICINIANUM, SCRIPTORES UNDE

lib. I. Epig. Lxii.

Verona doctî syllabas amat vatîs , etc.

DES POETES FaANÇOirSy A SAX4VL,

JD E Jehan de Mehun ' s'enfle le cours de Loire : En maistre Alain "" Normandie prend gloire , Et plaint encor mon arbre paternel :

Octavian ^ rend Cognac éternel :

* Jean de Clopinel , dit de Meun , né à Meun-sut-Loire^ à quatrft lîeues d'Orlëans, vivait vers Tan i3oo , sous le règne de Philippele-Bel. Il fut nomme Clopinel , parce qu'il était boiteux.. Il traduisit les Consolations de Boèce, les Épitres d*Abélard, et il continua le Roman de la Rose, que GuiUaume de Lorris n'avait pas achève.

^ Alain Chartier, secrétaire des rois Charles VI -et VII, poète élëf^ant et habile orateur. Le trait suivant donnera une idëe de l'espèce de culte dont on entourait la* science en ces tems de barbarie. Marguerite d'Ecosse, femme de Louis XII , alors daui>hin, voyant ce poète endormi, s'approcha et le baisa. Cette princesse dit en riant aux courtisans , étonnés d'une familiarité que la laideur d'Alain ne rendait pas suspecte : Ce n'est pas l'homme que j'ai baisé f mais la bouche gui a prononcé tant de belles choses, C^>endant , ce serait faire tort à Marguerite , de croire que sa jolie lèvre ait touché la bouche du difforme Alain.

' Octavien de Saint-Gelais , évéque d'Angouléme. Il traduisit en vers français les Ép(tres d'Ovide et quelques livres de V Odyssée. Ses autres ouvrages sont , le Séjour d'honneur , les Persécutions des . Chrétiens , le Chasteau de Labour, etc. Il mourut en i5oa. On reproche à ce saint évéque d'avoir été père de Mellin de Saint-Gelais , cet heureux rival de Marot. Ce reproche lui fait honneur.

48o ÉPIGRAMMES.

De Moulinet, ' de Jehan le Maire,* et Georges,' Ceulx de Haynault chantent à pleines gorges c Villon,^ Crétin, ^ ont Paris décoré :

Les deux Grehans ^ ont le Mans honnoré : Nantes la Brette en Meschinot ^ se baigne :

' Jean du Molinet, né à DWemes , en Picardie , chanoine de Valenciennes , fiit trés-estimë, sur la fin du XV« siècle, à la coar de Marguerite d'Autriche , gouvernante des Pays-Bas. Cette princesse le nomma son bibliothécaire. Il écrivit Phistoire de son tems, et composa divers ouvrages en prose et en vers. Il mourut à Valenciennes, en i5o7.

' Jean le Maire , ne à Bavais, en Hainaut, du tems de Louis XII, poète et historien célèbre. Il sVcquit, par ses Illustrations de la Haute et Singularités de Troye, une réputation quUl ne sut pas conserver long-tems. U essaie , dans ce livre bizarre et surchargé dVrudition , de prouver que les rois de France sont descendus d^un fils de Priam , Francus , échappé du sac de Troie. Il s*appuie sur quelques passages obscurs des auteurs anciens quHl détourne en sa &veur , et il mêle tant de fables ridicules à de vagues transi» tions , qu^on s^est bientôt .moqué de Torigine , très-honorable d'ailleurs , qu'il prétend nous donner. C'est Jean le Maire qui apprit à Marot les premières règles de la versification.

' Greorges Chastelain , gentilhomme , poète et historiographe de Tordre de la Toison d'or. * Voyez rÉpigramme m du livre IV.

^ Voyez son Épitaphe , page !i49 ^^ ce volume. ^ Amoul Greban , chanoine du Mans , et Simon Greban , secrétaire de Charles d^ Anjou, comte du Maine. Ils étaient tous deux de Compiègne , et vivaient vers l'an i45o. Le premier commença la traduction des Actes des Apôtres, qui fut achevée par son frère. Simon Greban traduisit encore un livre intitulé le Cœur de la Philosophie, et il fit l'épitaphe de Charles VII, que Marot a imitée dans la complainte de FloHmond Kobertet. ' Jean Meschinot, de Nantes, matlre d'hôtel d'Anne de Breta-

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