‹ Œuvres complètes de Clément Marot (volume 4)Chapitre 265 sur 293 · LIVRE VL 5l · texte numérisé non relu

LIVRE VL 5l

Passay à cloz yeulx Sans faire chopade.

La yiste virade, Pompante pennade , Le sault soubzlevant , La Toide ruade , Prompte petarrade Je mis en avant. ^

Escumeur bavant , An manger sçavant, Au penser tresdonx :

Relevé devant ,

> On découvre beaucoup d'art dans cette strophe ; un cheval impétueux y est parfaitement représenté. On le voit bondir , on suit de Pœil sa course rapide , on entend le bruit de ses pas. Marot ^tait sensible à cette poésie imitative dont Virgile nous offre de si beaux modèles, et il ne traitait pas de frivolité un ornement que les plus grands poètes de Tantiquité n'ont jamais négligé d'ajouter à leurs vers.

Pasquier , pour prouver que notre langue n'est pas moins capable que la latine de traits poetigues hahlis , oppose cette pièce à ce vers de Virgile , qui nous fait entendre un superbe coursier frappant du pied la terre retentissante :

Qnadmpfldâiite patrem sonitv qnatit nngvla campnm.

« Je laisse, dit Pasquier, après avoir cité les trois strophes pré- » cédentes , tous les autres couplets de cette épitaphe pleins d'ai*ti- » fice ; par lequel vous voyez un cheval bondir sur le papier , et » estre mené à courbettes, tantost au galop, tantost au trot, tout » ainsi que s^il estoit en plein manège, piqué par un escuyer. ». Rechercbes db la FiULvcE. Liç, FIL Chap. 9.

5l8 ÉPIGRAMMES.

Jusqu^au bout senrant Tay esté^ur tou.

Mourant bien seconx Sentj par deax coups Mon maîstre yenir, Et d'un foible poux Disant, Adieu yous , Me prins à hennir.

Sur ce souvenir

Voicy advenir

La mort sans bxicher :

Mon œil feit ternir ,

Mon ame finir ,

Mon corps tresbucher.

Jlais mon maistre cher N'a permis sécher Mon los, bruict et &me:

Car jadis plus cher M'ajma chevaulcher , Que fille, ne femme*

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