LIVRE IL iSg
Je prins alHauçe nouvelle A la plus gaye damoyseUe , Qui soît dUcy en Italie.
D'honnesteté elle est saisie , Et croy (selon ma fantasie) Qu'il n'en est gueres de plus belle Dedans Paris.
Je ne la vous nommeray mye, Sinon , que c'est ma grand'amye :
Car l'alliance se feit telle , Par un doulx baiser , que j'euz d'elle : Sans penser aucune infamie , Dedans Paris.
D*U1I qm SE DEFFIOIT DE SA DAME.
J: LUS qu'en autre lieu de la ronde Mon cueur vole comme Taronde Vers toy, en prières et dictz :
Mais si asprement l'escondis , Que noyer le fais en clair unde.
Dont ne puis croire, pu l'on me tonde, Que ton cueur à m'aymer se fonde , Quand tous biens m'y sont intçrdîctz Plus qu'en autre lieu.
l6o RONDEAUX.
Car il n*y a princesse au monde , Qui m^aymast d^amour si profonde.
Comme celle que tu me dis , Qui ne m^ouvnst le paradis De joujssànce, ou grâce abonde Plus qu^en autre lien.
d'uk délaissé de s*abite.
1 0 U T à part soy est melancolieux Le tien servant qui s^eslongne des lieux Là ou Ton veult chanter, danser, et rire : Seul en sa chambre il va ses pleurs escrire. Et n'est possible à luy de faire mieulx.
Car quand il pleut et le soleil des cieulx Ne reluyt point , tout homme est soucieux : Et toute beste en son creux se retire Tout à part soy.
Or maintenant pleut larûies de ses yeulx. Et toy qui es son soleil gracieux , L'as délaissé çn Tumbre de martyre :
Pour ces raisons, loing des autres se tire. Que son ennuy ne leur soit ennuyeux. Tout à part soy.