A GEOFFROY BRULART
Nostre maistre Geoffroy Brulart, ■Qui sçavez la science et l'art l5e guérir les gens de tous maulx, Icy c'est l'un de vos féaulx Qui de colique brusle et ard.
Je ne mange poisson ne lard, Non que craigne le papelart, Mais m,on mal me faict trop d'assaulx, Nostre maistre.
Venez y donc plus tost que tard, Et n'oubliez pas le broillart De vos receptes à monceaulx, Et payé serez en royaulx, Car vous estes sage vieillart, Nostre maistre.
Sur : Jupiter ex alto perjuria riilel amantutn,
i) bon Jésus, de Dieu éternel filz, Qui avec luy les cieulx et monde fcis. Las ! prens pitié de moy, ta créature; J'ay contre toy tant faict de forfaicture, Que iou'j mco boiis eu bout de dueil confitz.
En une croix tout ton corps fut afi6x, Où par ta mort les enfers tu defi&tz.
Non pour moy seul, mais pour toute nature, O bon Jésus.
En ceste croix où tu fus crucifix, De Paradis le chemin tu reffis.
Et d'iceluy feis à tous ouverture.
De tous delictz tu as la couverture; Couvre les miens, et ce qu'oncques mcffeis, O bon Jésus.
O quelle erreur par finis esperitz Vouloir finir l'infini sans nul pris.
Par raison morte et mondaine apparence Voulant comprendre en débile science Une bonté qui tous nous a compris !
Créé nous a en ce mondain pourpris, Et racheté quand nous eusmes mespris, Et nous doubtons quelle est sa puissance ! O quelle en'eur !
Par Testament sa loy nous a appris; Amour donné pour acquérir le pris D'heureux labeur, par foy et espérance; Allons à luy, en nous n'ayons fiance : Qui ne le faict en enfer est repris.
O quelle erreur !