‹ Œuvres complètes de Clément MarotChapitre 236 sur 258 · DE MAISTRE GUILLAUME CRETIN, POETE FR/NÇOVS · texte numérisé non relu

DE MAISTRE GUILLAUME CRETIN, POETE FR/NÇOVS

Seigneurs paysans, comment pourrez-vous croire

De ce tumbeau la grand*pompe et la gloire?

Il n'est ne painct, ne poly, ne doré,

Et si se dit haultement honoré,

Tant seulement pour estre couverture

D'un corps humain cy mys en sépulture-.

C'est de Crétin, Crétin qui tant sçavoit.

Regardez donc si ce tombeau avoit De ce Crétin les faictz laborieux, Comme il devToit estre bien glorieux.

Veu qu'il prend gloire au povrc corps tout mort, Lequel par tout vermine mine et mord.

O dur tombeau, de ce que tu encœuvres Contente toi; avoir n'en ])eulx les œuvres : Chose éternelle en mort jamais ne tombe, Et qui ne meurt n'a que faire de tumbe.

KVl

DE LOVS J.\GOYNEAi;

Cy gist Loys, Jagoyncau surnoiximé; Trésorier fut en charges renommé.

Et de pecune onc ne thésaurisa,

Ains de vertu, que plus qu'argent prisa.

Je ne sçay pas de quel' race estoit-il : Mais je sçay bien que son cœur fut gentil, Hardy, courtois, de trèsnoble nature.

Et trop plus grand que du corps la statu.'-e. Il est certain que Chasteaudun, son estre, Soubz libéral' planette le feit naistre. Receveur fut de Soissons; et de faict, France Je feit, l'Itale l'a deffaict, Italiens en ont le corps icy, Et les Françoys le dueil et le soucy.

Avec lequel dessus luy ont posé Ce dur tombeau de leurs pleurs arrosé.

Or de l'avoir si tost mort estendu.

Mort le trompa; car, tout bien entendu, Son vif esprit à grans biens pretendoit. Monté soit il i)lus hault qu'il ne tendoit.

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