L'ŒUVRE
Entre Villon et Marot s'étend une période d'une cinquantaine d'années. C'est l'époque des grands rhétoriqueurs, disciples de Jean de Meung et imitateurs indiscrets de l'Antiquité, grands faiseurs d'allégories et d'abstractions, pédants écumeurs de latin, qui font consister tout l'art de la poésie dans la virtuosité de la forme et s'amusent aux tours de force les plus compliqués, parfois les plus absurdes, de la versification : rimes équivoquées^ brisées, couronnées, enchaînées, batelées, vers à double face, pièces qui peuvent « se lire et retourner en trente-huit manières ». Un seul
I. Rimes cquivoqiiées. — Les deinièies syllabes de chaque vers sont reprises eu uue autre siguiticatiou au commencement du vers suivant :
En m'ébattant je fais rondeaux en rime En rimant bien souvent je rn'enrime.
Makot.
Rhncs brisées. — Les repos des vers riment entre eux do façon qu'en les brisant on fasse d'autres vers.
Rimes couronnées. — La rime se présente deux fois à la fin du vers :
Ma blanche colombelle, belle, Souvent je vais priant, criant.