CHAPITRE XI
Conclusion des chapitres précédens. /
Pour peu qu'on ait réfléchi sur les exemples que j'ai rapportés , on sera convaincu que nous ne tomberons dans l'erreur que parce que nous raisonnons sur des principes dont nous n'avons pas démêlé toutes les idées : dès lors nous ne les saisissons point d'une vue assez nette et assez précise pour en comprendre la vérité dans toute son étendue, ni pour être en garde contre ce qu'ils ont de, vague et d'équivoque. Voilà la véritable cause des erreurs des philosophes et des préjugés
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du peuple : d'où roiï peut conclure que la fausseté de l'esprit consiste uniquement dans l'habitude de raisonner sur des principes mal déterminés, c*est-à-dire sur des idées que, dans le' vrai, nous n-'avons pas, et que nous regardons cepen* dant comme des connaissances premières qui doivent nous conduire à d'autres.
Mais l'éducation a si fort accoutumé les hommes à se contenter de notions vagues, qu'il en est peu qui puissent se résoudre à abandonner entièrement l'usage de ces principes '. Les inconvénient n'en seront bien connus que par ceux! qui sie souviendront des difficultés qu'ils ont eues à siîr-» monter pour se les rendre familiers, et qui se rappelleront même d'en avoir senti de bonne heure quelques-unes des contradictions. Quant à ceu^t qui ont obéi sans répugnance et sacs réflexion à tdutes les impressions de l'éducation, on ne saurait croire jusqu'à quel point leur esprit est dèvenii faux, et on ne doit pas attendre qu'ils réforment jamais leur manière de raisonner. C'est ainsi que les tristes effets de cette. méthode deviéiinent soû^ vent àans remède. : .
Les principes abstraits étant démontrés inutiles et dangereux, il ne reste plus qu'à découvrir ceuic dont on peut îfiàiré usage; mais on .est bien
* J'ai expliqué ailleurs comment réddcâtion nbuJs à fait contracter cette habitude, ^rt dépenser, part. li ^ -chap. i.
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près de coi^nattre U méthode qui concfuit à la vérité quand on conoait cçUe qui en éloigna.