RÉFUTATION DU SYSTÈME DES MONADES
J'ai cm devoir exposes* au lôrifg le sysfcèilic dèà monades, soit parce qtfil ekt assez • cuHeux pour mériter qu'on \e fasse connaître, soit parce qw c'était ma mpypn |5?nç^r,e à m' m assjjrep ^ mai-Hiéiièe4'î<^U^RCe. Si j^^yais voulu me ho^ •fier atix seuls principes qee 'je me pvopoM de eii*' tiquer, je n'aïu'àfe pas côtùfciné aitfant que je l'ai fait les différentes parties dè lce ^J^^tème èt je tne serais soi^vent écarté de la pepsée de son auteûn Cçsl çe^iuirayrriye ordmg[irew^^t à iq^x qui. treprennei^ de i^éfuter les opiQÎQmtide|s ^aiitirj»fU IM. ïusii en est un exemple. Il eïxpese àiiâ Térîlé le principe qiii seft de fondemêtït à tout lie 'système de LeU)nitz; mais, pàfcé (j^il n'à pas eu là précaution de suivre cç philosojphe dans^î'^sa^è qu'il en fait, il li^. suppose 4«5 idj^e^ qij'il ^'ja j^- «aïs eues, etfaitiiUHe antique ifoiri^etop^tPQM sur le systëne des md^àde»^> ^ ^ •
■ En iroioi ùu exemple* A^pcf» a^ii^<ieiparqtté |iv^c i^Qn., S 5, que les éire& ftm|>l«s,iie pei^ve^t point |r^Pf^>l!ir, d'espace, M hit dire à Leiboili , (,8^ qu'il l^ut. ^ae raûpn ^pfXisante
THAItÉ
AflTICLE PREMIER.
Sur quels principes de ce système la critique doit s'arrêter.
II y. deux incoayénîens à éviter dans un sptème; l'un de supposer les phénomènes qu'on
pour qu'un être simple soit dans un endroit plutôt que dans^ uif^aujire; que cbacun d'épis, . ^ 1,4^, oçc^pe un point dans r^Çace; que paj:- là plusieurs ensemble remplissent l'espace et produisent l'étendue.
XJn être simple ne remplit point d'espace ^ dît-il énsuite , § 4gr, mcds plusieurs ensemble remplissent un espace, Peut-o^ se éàntredire plus manifestement P H emploie plusieoiss para*graphes poor prou w què oela e$t coniradictoire. Pense-t<il ^tic que Leiibi^tz.fit pn, tomber dans une. absu^rdité ayssi grossière? Il faudrait être biç^: sûr de son fait avant d'attribuer de pareilles méprises à un homm^ d'autant d'esprit, et qui 9 à tous égards, fait beaucoup d'honneur à l'Allemagne, l^burnioi^ plus j'étudie le système des monades , plus je yois •qué tout -f est lié. U pèche , mais c'est'par des endroits que JME^.Xusti n'a pas relevés. L'ei^osition que j'^ea ai donnée suffit ^ur faire évanouir toutes les contradictions que ce ^critique c;roit y i^erçevoir. H ne paraît pas avoir apporté assez de soin pour, sâisir toujours la pensée de Leibnitz ; et , quand il la saisit^ 3 la combat avec des raisons qui ne me semblent ni assez dairés ni assè^ solides. ] r
Pd^r réfuter, pfeir ^îùple ,1 ce principe^ il y a des cornuposés; donc il y a des êtres simples ; il £ùt, § aay a4 9 un raisonnement dont voici le précis. Le simple est une Tiotion géométrique, le co^mposé est une notion métaphysique, br l'objet dë la géométrie est imaginaire, cdni dé la métaphy^que est réel; donc la conclusion de Leibnitz nlêle
DES SYSTÈMES. l33
eirtreprend d'eipliquer, l'autre d'en rendre raison par des principes* qui ne se conçoivent pas mieux que les phénomènes; Les cartésiens tombent dans le premier, lorsqu'ils dise^t qu'une subs^ tance n'pst étendue que parce qu'elle est com- • posée de substances étendues; mais les leibnitieas tombent dans le second, si,lorsqu'ils disent qu'une
quelque chqse d'imaginaire à quelque chose de réel; donc elle est fausse. « £n considérant avec attention Texplication « du composé, dit-il, § a5y on ne peut penser à rien qui « pourrait notis mener à f idée du simple. Les êtres composés « sont des êtres qui ont des parties. La première conclusion « ne peut donc être que celle-ci : Là où il y a des composés ^ « il y a ausû des parties. Or^dée de partie ne nous conduit « point encore à l'idée du simple. Les êtres simples sont dés « êtres qui n'ont point de parties : donc pour aller plus loin , ■€ il faudrait conclure , là où il y a des parties , il n*y a point ^ de parties , ce qui ferait une contradiction manifestCw.
« L'essence du con^osé> dit- il encore, § 3q, consiste né^ « cessairement dans la composition. Ce qui se présente le «premier à notre esprit, quand nous réflécliissons sur une « chose , et ce qui fait qu'elle est ce qu'elle est , c'est son « essence. Rien que la composition se présenté le premier à « notre pensée, quand nous consîdércyns des 'composés, et « c'est la Composition uniquement qui en fait des êtres com* « posés; dope l!essence des composés consiste dans ItL^amr « position. » C'est ^ pareils raisonnemeps que M. Jus^i infère qu'on peut rendre raison des composés sans $iyo\r recours à des êtres simples. Au reste , je crois devoir avertir que cet auteur a 'écrit en allemand, et que je ne puis jug'ô: de sa dissertation que par la traduction que l'académie de Berlin a fait imprimer à la suite.*
iS4 TRAITlé
«uhstailjce ^'est étendue que pa^oç <p^'€iUe çsl Taggr^gat de plu^ups subataacc^ Mpiétandues^ Us ne eouiçotvenl: pas mieux la isub$tance métendue, que eelk qu'où suppose i^Uement éteudue, •efiSet'SeraitfOn plus avancé de dire ave© eux que lepfaénoQ&èBe de l'étendue a lieu pai:^e que le^ piscni^ers ^âsQ6n$>deS)içbQSQS sont inét^dus, que de dire avec les cartésiens qu'il y a de l'étendue çarce que les premiers élémens des choses sont ^lîçudus.?
conviens que le compçsé, toujouirs cojuposé fmqùe dans ses. moindres parties, ou plutôt jus^ qu'à Finfini, e^ une chose où l'esprit se perd. Hus on analise cette icIlÉI, plus elle paraît renfermçç de contradictions. Remonterons-nous donc à.d^ étre3 simples ? mais comment les imageron^nous? Sera-ce en niant d'eux tout ce que nous sttvons dUt cô]3dposé?£n ce cas, il est évident que ûouià ne lés concevons pas mieux que le composé. Si on ne conçoit pas ce que c'est qu'un corps, pn ne çqnçpit pas davantage un être dont on ne peut dire autre çbo^e, sinon qu'aucune qualité du oopps ne lui appàrtieat. Il faut donc po* cancevtôir iesToioni^tles, non ^seulement savoir ce qu'elles né sont pas, il faut encore savoir ce qu'elles sont. Leibnitz a ï)ien senti que c'était une obligation pour ).ui de remplir ce double objet. Aussi a-t-il ^i^ tjous les efforts dont il était capable, dans^ la vue de faire connaître ses monades par <|uelques
DES ST6?CÉM£S. l35
qualités positives^ Il a cru y (fôcoumr detOL, choses, une fbfce et des peiceptions dont le caractère est de représenter l'unirers^ S'il dpn»e une idée de cette force et de ces perceptions^ il fera concevoir ses monades, et il sera fondé à s'en servir pour l'explication des phénomènes. Maisy si cette force et ces perceptions sont des mots qui n^offrent rien à l'esptit^soii sptcane devient toQt^à^fait frivole. Il se réduk à dire qo'il y 9t dé l'étendue, parce qu'il y a quelque chose qui n'est pas étendu ; qu'il y a des œrps, paroç qu'il y a quelque, chose qui n'est pas corps, etc. Je vais donc me borner à examiner ce qtie disent, les ieibnitiens pour établir la force et les perc^ tions des êtres simples.
Article IL
Qu'o» B« saurait se faire d'idée de çe fme Lei^Miito appelle la force des mooades.
Pour juger si nous âvoôs l'idée d'une chose, il ne fgmt souvent que consulter le mm que ndus Ini donnons^ Le ndm d'une cause donntie^ la dé-* toujours dire^ement : tels sont les mots de bàlancierj roue, etc. Mais qiiand une eause est inconnue , la dénomination qu'on Ini donne n'indique jamais qu'nne cause quelconque avec un ra]»port à l'effet pi^oduit, et elle se forme toujours des noms qui marquent f e^. C'edt ainsi qti'on a in^iginé les termes de force centrifoge, centri^
j36i TRAITS
pèle, vive, morte, de gravitation^ , d^attraction, d'impulsion, etc. Ces mots sont fort commodes, mais, pour s'apercevoir combien ils sont peu pro*^ près à donner une vraie idée des causes qu'on cherche, il n'y a qu'à les comparer avec les noms des causes connues. -
Si je disois : la possit^lité du mouvement de' l'aiguille d'une montre a sa raison suffisante dans l'essence de l'aiguille, mais de ce que ce mouve* ment est possible, il n'est pas actuel ; il faut donc qu'il y ait dan& la montre une raison de son ac* toalité : or cette mison. je l'appelle rowe, ba' luncier^ etc. ; ^i, dis-je, je m'expliquais de la sorte, donnerais-je une idée des ressorts qui font mour voir l'aiguille ?'
Une substance change. Il y a donc en elle une raison de ces changêmens. J'en conviens : je conseils encore qu'on appelle cette raison du nom de force, pourvu qu'avec ce langage on ne s'imagine pas m'en donner la notion.
J'ai quelque sorte d'idée, de ma propre force quand j'agis, je la connais au moins par cons^ cience. Mais, lorsque j'emploie ce mot pom* expliquer les changêmens ^ui arrivent aux autres substances, ce n'-ést plus qu'un npm que je donne à la cause inconnue d'un effet connu. Ce langage nous fera connaître l'essence des choses, quand, les notions imparfaites que j'ai données des roues^ balamierSj etc., formeront des horlogers.
DBS S¥ST^£S. l37
Si notre âme agissait quelquefois sans le corps, peut-être nous ferions-nous une idée de la force d'une monade : mais toute simple qu'elle est, elle dépend si fort du corps, que son action est en quelque sorte confondue avec celle de cette subsr tance. La force que nous éprouvons en nousmêmes, nous ne la remarquerons point comme appartenant à un être simple, nous la sentons comme répandue dans un to^t composé. £lle ne peut donc nous Servir de modèle pour nous réprésehter celle qu'on accorde à chaque monade.
, Mais souvent c'est assez de donnai* à une chose que nous ne connaissons poin||le nom d'une chose connue , pour nous imaginer les connaître également. Rien ne nous est plus familier que la force que nous éprouvons en nous-mêmes c'est pourquoi les leibnitiens ont cru sé faire une idée du principe des changemens de chaque substance en lui donnant le nom de force. Il ne fout cfenc pas s'étonner s'ils s'embrassent de plus en plus, à proportion qu'ils veulent pénétrer davantage la nature de cette force. D'un^ coté ils disent qu'elle est un effort, et dç l'autre qu'elle ne trouve point d'obstacles. Mais par la notion que nous avons de ce qu'on nomm^ eifort et obstacle, l'et fort est inutile dès qu'il n'y a point d'obstacle à vaincre. Par conséquent, s'il n'y a point de résis*tance dans les êtres simples , il n'y a point de force; ou, s'il y a une force, il y aussi une résistance.
l38 TRAlTi
. De tout cela il faut conclure q^e Leibnîfteiv'est ptafr |»lu6 ai^âncé de reeonnmtre nae force daas les étires^ Amples que s'il s'était boamé à dire qu'il y a eo eux uae raistoa des cbaugemens qui leur arri^ veiit, quelle que soit cette raison. Car, où le n^ot de foroe n'emporte pa^ d'autre id^ que celle d'une saison quelconquq^ ouv* sî on lui^eut faire signi* fier quelque chose de plus^ c'est par lui abus visible d» termesy et <»i ne saunât £dre. con-» naitre 1^ idées qu'on y attache. On voit ici le$ défauts ontinaire&auxsjstèxiies abstraits ^ des oo- ^as^ ragues et des choses^ qu'on ne^nnaît pas, expliq\juées psu^'outres qu'on ne connail: pas davantaige^
. . . AATiGii£^ m.
QucL Leibnita ne prouve pas que les monades ont des perceptions.
} Notrelme a dea perceptions, c'es^è^dire qu'elle léfurouve quelque dbose^ quaiid les objets font im* pression suir les sensu Yoilàee que nous sentons : naais la nature de l'âme et la nature de ce qu'tUe éporouve^ quand êUe a des perceptions, nom sont si fort xnconniieâ, qiie noi» ne sawions découvrir ce q<ui nous rend capsules de perceptions. Com- «neaot donc l'idée kngarfaite que nous avons de l'ame pourBaîft-eUe nous fiwre compreaidre que d'autresr éti^ ont <*e;& pfrceptions çoKWOe elle? Pou» eiLpliquar la nalure des monades par la no-
Goog^
tk>n de notre âme, ne faudrsâl-il pastrouyer dans celte notion laf notture même de cettie substance ?
Les monades et les âmes sont des êtres simples : voiKten quoi elles conviennent, c'est-à-dire qu'elles conviennent en ce qu'elles excluent également l'étendue et les qualités qui en dépendent, telles que ta figiu^, la divisibilité, etc. Mais de ce que des êtres s'accordent à n'avoir pas certaines qualités, s'en* suit-il qu'ils doivent sfaccorder à avoir à d'autres égards les mêmes ? £t cette conséquence serait-elle bien juste ? Les monades sont comme nos âmes, en ce qu'elles^ ne sont ni étendues ni divisibles; donc elles ont comme elles des perceptions*
Concluons que, pour décider des qualités commuties aux âmes et aux monade$, ce n'est point asi^z de concevoir ces substances comme inétendues, il faudrait encore concev<iir la* natwe des unest et des autres. Les explications de Leibmtz sont donc encore ici défectueuses.
ÂjUTiGLs ly.
Que Leibnitz ne donne point d'idée des perceptions qu*il attribue à chaque monade. -
Qu'est-ce qu^une perception? C'est, comme je viens de k dire, ce que l'âme éprouve, quand il «e faîfl quelque impression dans les sens. Cela est vague et n'en fait point connaître la nature : j'en conviiens, et après cet aveu on n'a plus de ques-
l4o TBAlTi
tions à me faire. Mais, veux-je attribuer des perceptions à un être différent de notre âme ? on me dira que ce n'est pas assez pour en donner une idée de rappeler à ce que nous éprouvons, et qu'il faut encore les faire, connaître en ellesmêmes. En effet, tant qu'elles ne sont connues que par la conscience que nqus en avons, nous ne samions être fondés à en attribuer à d'autres êtres qu'à ceux que nous pouvons supposer en avoir conscience.
Si je disais donc avec Leibnitz que les percep* tions sont les différens états par o^ les monades passent, on m'objecterait que le mot d'état est «incore trop vague. Si j'ajoutais pour en déterminer le sens, que ces états représentent quelque chose, et que par-là les monades sont comme des miroirs qui réfléchissent sans cesse de nouvelles images, on in$isterait encore. Quelles sont, me demanderait-on,.les idées que signifiant représenter^, miroir j images^ pris dans le propre ? Des figures telles que la peinture et la sculpture en retracent. Mais il ne peut rien y avoir de semblable dans un être simple. Par conséquent, ajouterait-on, vous ne prenez pas ces mots dans le propre, quand vous parlez des monades ; mais, si vous leur ôtez la première idée que vous leur avez fait signifier, quelle est celle que vous prétendez y substituer? . ..
En effet ces termes en passant du propre au
DES SYSTÈMES. ï4>
figuré, n'ont plus qu'un rapport vague avec le premier sens qu'ils ont eu. Ils signifient qu'il y a des représentations dans les êtres simples, mais des représentations toutes différentes de celles que nous 'connaissons, c'est-à-dire des représentations dont nous n'avons point d'idée. Dire què les perceptions sont des états représentatifs, c'est donc ne rien dire.
Qu'est-ce en effet que représente l'état d'une monade? c'est Fétat des autres monades. Aihsi,'Fétat de la monade A représente ceux des monades G, D, etc. Mais je n'ai pas plus d'idées des états de B, C, D, etc., que de celui d'A.'Par cpnséquent; dire que l'état d'A représente 4:eux de B, G, D, étc:^ c'est dire qu'une clK)se que je ne connais pas en représente d'autres que je rie connjais pas mieux.
Ge sont proprement les qualités absolues qui appartiennent aui êtres et qui les constituent ce qu'ils sont.[Quant auxrapports, que nous y voyons, ils ne sont point à éux ; ce ne sont que des notions que nous formons, lorsque nous comparons leurs qualités. G'est donc par les qualités absolues qu'il les faut d'abord faire connaître. S'y prendre autrement, c'est avqper tacitement qu'on n'en a aucune notion. On parlera des. rapports qu?tm suppose entre eux, mais ce ne seta que d'une manière bien vague. C'est ainsi qu'on pour^t prétendre donner l'idée de plusieurs tableaux en disant qu'ils se rèprésentent réciprpquement les
DigitizetI by
Vins les autres. Or Leîbnitz ne fait pas connaître les monades par ce qu'elles o^t d's^olu. Tous ses «ffoi!ts aboutissent à knaginer ^btre «lies dcfs rapports qu'il n^ saurait xléterfiàiner qu'avec lie secours .des itermes^ vagiies et figurés de miroir^ de représentation. Un'^ a dom poii^t d'id4e« : ' La méprtse de ce philosophe, ^;Oetteoeeasioii, c'est de n'avoir pas fait attention <|ue 'des ^vfmBi^ qui daûs le pit»pce ont une signification {préoiie , ne réveillent plus que idrea fiùtioifi^' 'S&t% vagues ^ quand on s'en sert dans.Ie.^gur^. Il acruvedcke raison des plméinQmènes lariscju'il aVut^ploie que le langage peu phU6sopli|^que des métaphoires:; jeft il n'a.|)as vu t|ue, quand est obligé d'iiaer de ces sortes d'expressions, c'^est une preuve SquV)n n'a pas d'idée de la chose dosit «on pàrleî Ces mét prises «ontiwdinaires: à oèux qui font deSiSystètftes ahstraitB. , • '
• ■ AtTIGM y*. ■ • ■
Qu'on ne comprend pas comment il y aurait une inônîté de perceptions dans chaque monade , ni f;oxiune]||; elles représenteraient Vunivers*
Wus Leibnitz fait d'effott» pour faire cote* prendre >ce qu'il croit entendre par le mnt^iak perception ,*plus il embarrasse 4'idée <pi'il en vewt donna:*. . / .
La liaison qui est entre tous ies êtres de l'uni* vers^ lui fait juger qu'il n'y a point de raiqonjpoiir
DES SYSTÈMES. l43
borner les repréâentatioûs qui se fomi dans les monades. Chaque rep^sentation tend, sekin It»^ à l'infini , et diacime de nos perceptions et* enveloppe une ihfinité d'autres. Ainsi dans une mo^ nade il y a des infinis d'nnie infinité d'ordre^ d'ordres difiSél^ensu Dans A ^ il y a uâe infinité dd pearceptions pour représenter lés perceptions de
dans E, une autre .infiinité pour reiprésentcr celles de G, et ainsi à l'infinL A, à ^n toiuv ^ représenté dans^B, G, etc. ; et de tnéipe que eetté monade reprjésenie toutes les autres, elle est re^ présentée dans chacune; en sorlè rqu^îl «l'y a pas <ie portion de matâère où elle ne soit représeiUsée une infinité de fois^ et qui ne lui ^fournisse un^ infinité de pei«eption&> On Toit pàr-»là de combien d'infinités de manières les pterceptkins se comlm nent^dfins (Chaque être.
U y aurait bien des^reodanfaes^à faire sur l'inv fini ^ pour abréger je mef bornerai à direque c'e^ un nom donné à une.idée que .nous n'avons pasl,. mais que nous jugeons différente de !Oçliè qu«] nous avons. Il n'offi« donc rien de positif et ne sert qu'à rendra le système de LiBibnitz j»lus intelligible..
Ce philosophe a beau appuyé ^ur la ibaiâon de ixms les êtres de l'univers, on ne cocnprendk'à: jamais qu'it&se concentrent to^s dansehacund'euk^ et que le tout soit représenté si parfaitement dan» chaque partie, ^^e qui connaiilvaki'état ^cttuel
l44 TRAITÉ
d'une ïiionade , y verrait une image distincte et détaillée 'de ce qu'est l'univers , de ce qu'il a été et de ce qu'il sera. Si cette représentation avait lieu, ce ne serait qu'en vertu de la force que Leibnitz attribue à chaque monade : mais cette force ne peut rien produire de^semblable.
^.Ou les monades agissent réciproquement les unies sur les autres, en sorte qu'il j a 4ntre elles des actions et des passions réciproques (suppositions que quelques leibnitiens.ne rejettent pa^ ^ ou elles paraissent seulement agir de la sorte.
Dans le pr^mér cas, on voit dans une monade tCMite là force active qui lui appsurtient et tout ce qu'elle peut produire, en supposant qu'èlle ne trouve point d'obstacle* On voit encore toute la résistance qu'elle oppose a toute action qui viendrait d'un principe externe ; mais on n'y «aurait voir l'état et laliai8on.de;tous les êtres. Ces états et cette iliaison consistent dans des ra^poitts d'action' et de passion» La force d'une monade ne produit pas au dehors tout l'eÉfet dont eUe serait capable; elle n'y produit qu'un.effef proportionné à la résistance qu'elle y trouve. Afin de connaître comment, par son actron, elle est liée avec le réste de l'onivers, il ne suffit donc pas ded'apeï'cevbir, il faut encore apercevoir toutes les autres ^substances. On ne peut donc voir dans une seule^mo-
'M. Wolf entreaiitires. *
DES SYSTÈMES. * * l45
nade Tétat et la j^aison de toutes lea monades, I supposé qu'eUes agissent ou pâti3sent récipro^
quementi
On ne le peut pas davantage, si, comme le ' pense Leibnitz , les jetions et le3 passioq&ne sont
qu'apparentes. Dans cette apposition , .un€ monade ne dépend d'aucun être; elle est^ par ellemême et -par un effet de sa. propre force, tout ce qu'elle est , et renferme en elle le principe de tous ses changemens« Celui qui n'en verrait qu'une, né devinerait seulement pas qu'il y eût autre chose.
Mais, dira Leibnitz, c'est une suite dé l'harmonie préétablie j que chaque monade ait des rapports avec tout ce qui existe. J'en conviens* Donc l'état où elle se trouve exprimé et repré- ,sente ces rapports; donc il représente l'univers entier. Je nie la conséquence.
Si je disais : Un côté d'un triangle à des rapports aux deux autres côtés et aux trois angles, donc ce côté représente la grandeur des deux autres et la valeur de chaque angle en particulier, on verrait sensiblement le feux de cette *cons6queiice. Chacun sait que, pour se représenter pareille chose, la connaissance d'un côté n'est pas suffisante. Je dis égaletnent que la représentation de l'univers ne peut être renfermée; dans la connaissance d'une seule monade. En vain l'état de cette monade a des rapports. avec l'état de