‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 165 sur 975 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

LIONEL, sans uniforme , une lorgnette à la main, et regardant par la croisée du fond. Je ne me trompi; pas, c'est un vaisseau français; il s'est détach (du reste de la flotte, et depuis une heure il a jeté l'ancn:. Si c'était M. de Courville? s'il m'attendait? Mais comment mi; rendre à bord sans attirer sur moi l'attention de nos ennemis? D'ailleurs ma présence est nécessaire en ces lieux; si je n'y suis pas, je les connais, on hésitera encore. Le gouverneur a déjà des soup- (^•ons; le moindre délai peut renverser nos desseins, et ruiner à jamais la cause la plus noble et la plus jus'e. (Se promenant avec ayitalion.) Ah! quel tourment! quel supplice que l'incertitude! chaque instant d'attente abrège ma vie, et il faut encore affecter un visage serein, quand mille craintes viennent m'assaillir. Ah ! que les dangers du champ de bataille sont prélêrables, des dangers libres, une mort glorieuse qu'on

peut braver, et qu'on n'est pas obligé d'attendre

Quel est ce bruit? ce jeune Arthur Wiukerton, qu'estce qu'un panùl étourdi vient faire ici? [tl s'assied prés de la table et prend un tiure.) 11 a pour moi une telle amitié que je ne pourrai plus m'en débarrasser.

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