SCENE VH
Les précédents, SIR COKNEY, enveloppé d'un manteau.
sincoK'SE\,regardant tout le monde. M. de Courville?
LIONEL, montrant Zambaro. Le voici; ne craignez rien, nous sommes tous du parti de M. le baron.
ARTHUR, .suivant tous les nwuvements de Zambaro. Et ses meilleurs amis.
SIR coKNEv, d'un air d'intelliçjence. J'entends. {Soicriant.) C'est son état-major ; en elt'et, je reconnais ces messieurs pour les avoir vus tantôt. {Se déçiageant de son manteau.) Parbleu, je suis enclianté de pouvuir enfin parler à cœur ouvert. (.4 Zambaro.) Son Excellence voulait vous envoyer un de ses officiers ; mais elle a pensé que, ne vous cimnaissaiit pas, il pourrait faire quelque gaucherie, tandis que moi qui sais mon alFaire, je suis sûr au moins de ne pas me tromper.
ZAMBARO, à part. Joliment.
LIONEL ET ARTHUR. Eh bicil?
siB COKNEY, à Zambaro. Eh bien! mon cher, ça va à merveille ; Son Everllenee a reçu vos petites notes.
ARTHUR, bas, à Zandtaio. Ah! traître!
SIR COKNEY. Hi'iii... qu'est-ce que c'est?
LIONEL, haut et avec un mouvement. Rien ; nous avions peur qu'elles ne fussent interceptées.
SIR COKNEY. Du tout. Il S iiiesiiies Ont été prlscs suile-chanip comme vous l'avez indiqué.
ARTHUR, bas, à Zambaro qui veut parler. Tais-toi.
SIR COKNEY. Douze hommcs se sont emiiirés de Be icon-Hill pourempècherd'allumer le fanal; le régiment des fusiliers et les soldats d; marine marchent sur Lexington pour désarmer ces bons yankies; je pen«e que ce ne sera pas difficile.
AMBARO, a part, lui faisant signe des yeux. Il ne Comprend rien.
siR COKNEY, continuant. Enfin, à cinq heures précises, tous les chefs seront arrêtés à domicile.
ARTHUR ET LIONEL, Se regardant. A cinq heures!
zambaro, à part. Courage, imbécile!
SIR COKNEY. N'est-ce pas ce que vous avez demandé?
LIONEL, prenant un pi.'^tolet sur la table à droite. Il suffit, nous en savons assez.
SIR COKNEY, étourdi. Comment? quoi? qu'y a-t-il. Messieurs?
LIONEL, le saisissant. Point de bruit, sir Cokney, il est trop tard pour retourner à l'hôtel de Son Excellence, pour queliiu'un surtout i|ui ne connaît pas les rues de Boston. {Lui montrant le cabinet à gauche.) Entrez là {.4 .Arthur.) Une sentinelle sous la fenêtre.
zambaro, à part. Nous y voilà.
SIR COKNEY, résistant. Permettez... expliquez-moi, monsieur le baron...
ARTHin, le poussant. Point d'explications.
SU! COKNEY. Ah ! m ni Dieu! est-c; que je suis tombé dans une enibuseide? Messieurs, je demande à être traité avec les plus grands égards, si le droit des g^ns n'ert pas inconnu dans ces climats barbares. {Onl'enf rine dans l" cabinet.]
ARTHUR. Et d'un...
LIONEL, à Zambaro. Quant à toi, misérable, rends gi-àeeau souvenir qui protégeencore ta vie. (.-1 .Arthur.) Qu'il soit gardé à vue; je vais l'envoyer prendre p.ir quatre de nos soldats : et s'il voulait fuir, point de' pitié.
AiiTiiUR, rapidement. Mais que faire maintenant? le gouverneur est averti; à cinq heures...
LIONEL. Il nous reste deux' heures, attaquons sur-lcchimp (.1 part.) EtBathilde, il faut la délivrer; éloignons d'abord Arthur. (.1 Arthur.) Uassembkz nos amis, couiezan fanal, désarmez le poste anglais, allnniez, marchez aussitôt sur Buukcrshill : le départ des fusiliers et des soldats de marine dégarnit ce côté; enipirez-vuus de la redoute, qui nons rend maîtres de la baie; si nos Uiilices forcent le passage, elles nous y joindront; si elles succombent, nous nous y enterrerons, et ce ne sera pas suis vengeance. Prévenez Jackson, William, les volontaires; pour moi. j'ai les mnyens d'arriver jusqu'au gouverneur.
ARTHUR. Et lesquels?
LIONEL. Jeté les dirai, et c'est à loi que je confie cilte entreprise. Puisque le sang doit couler, coinuiençons par le sien. Suivez-moi. {Il sort précipitamment, suivi d Arthur,)
LA BOHEMIENNE.