‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 244 sur 975 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

EM.MERIC, SAINT-GERAN, HECTOR.

[Emmeric fûle, l'hahit croisé sur la poitrine et tenant à la main une boite de pistolets, s'approche de M. de Saint-Geran, malgré les sif/nes d'Hector qu'il ne

voit pas.)

KMMERic, avec émotion. Vous m'avez l'ait dire, Mmisieur, que vous m'attendiez ici... chez mon beaii- )iere... et ie venais me mettre à vos ordres!..

iiECTOH, à part. C'est fait de nous...

.M. DE SAiM-GEiiAN, étonné. A mcs ordres!., et pourquoi"?..

KMMKRic, de vieille. Je ne comprends pas. Monsieur, que vous me le demandiez.

iiECTOii, vivement. En ed'et,.. cela lui revenait de dinll, car je l'ai vu ce matin, je lui ai tout raconté! et il se promettait d'cire votre témoin... il venait pour cela...

M. DF, SAixT-cE«AN. Eu vérité!.. Je vous en remercie, mon (lier... J'ayais d'abord pensé à vous...

uECTOii. C'est ce que monsieur le comte me disait à l'instant.

EMMEaie, étonné. 0 ciel!., que signifie...

HECTOR, passant près de lui. Par malheur, tout est terminé... laisse là tes pistoUits.... on n'en a plus besoin. (Les lui prenant, ainsi (pie son chapeau, et les mettant sur la table.) Le combat a en lieu ce matin.

H. DE SAlM-GEllAX. A ciuq llCUrCS.

iiECTOR, vivement. Et M. de Laiigeac est blessé...

E.uMERic. Ah! blessé !..

HECTOR, f/e »ieme. Pas dangereusement... ne t"et'fraie pas... Cela lui apprendra, comme je te le disais, ;\ tenir des propos... C'est une bonne le(;on.

E.MMERic, le rci/ardunt avec émotion. Oui... oui... en effet.

HECTOR, de même. Dont il .se souviendra.

M. riE SAiXT-GERAN, J'y coiiqite bien... Votre lieaupi're, à qui je viens de tout racoiUer, m'a appris que ni vous ni ma filleule n'aviez voulu signer le contrat en mon absence, et je vous devais de doubles excuses qu'il n'a acceptées qu'à la condition que je viendrais tantôt déjeuner avec vous en famdle... et je n'ai eu garde de refuser. Je cours expédier, avant imin voyage

de demain, quelques affaires, dont ('une vous concirne... .-Vinsi donc, à tantôt! (Fausse sortie. Geste de joie d'Hector et d' Emmeric.) Et iiuis, ce soii', notre contrat de mariage, sans remise, cotte fois...

HECroii, à part. Dieu le veuille !

M. iiE SAiNT-cERAN. Et, s'il uous rcstc du tomps... nous aclièverons notre soinie à l'Opéra... a cette fameuse représentation... où nous clu ■relierons votre adversaire.

HECTOR, étourdiment et avec joie. Oue nous ne trouverons pas.

M. DE siiNT-r.ERVN. Et poui'quoi?

HECTon, embarrassé Je dis, je suppose...

M. DE SAl^T-cEllA^. IS'importe! ni>us y .serons... nous autres... Adieu, mes jeuni^s amis!

HECTOR. Adieu, monsieur le comte!., (il/, de Saint- Geran ('■•it sorti, Hector n'achevé pas sa phrase et tombe anéanti dans un fauteuil, a ijauche, pendant (pi Emmeric s'asseoit de l'autre coté, éi droite.)

Page 1