‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 254 sur 975 · SCENE XIII · texte numérisé non relu

SCENE XIII

M. DE SAINT-GERAN, a^fs à gauche , EMMERIC, debout près de lui, CLERAMBEAU, sortant de l'appartement à droite , dont il referme la porte. Il est pâle , hors de lui, se soutient à peine et affecte un air riant.

M. DE SAINT-GERAN, le regardant. Eh bien ! (Cléran^beau essaie de parler et ne peut pas.) Eh bien ! donc?

CLÉRAMBEAC.p.v.«ii/u)it de rire. Rien... rien du tout... absolument rien.

EMMiiRic, (t M. de Saint-Gei-an. Je vous l'avais dit.

M. DE SAiNT-CERAN , regardant Ciérambeau en riant. Il est encore tout ému et Inut déconcerté.

ci.ERAMDEVi. Nulleméul; c'est-à-dire, c'est-à-dire, c'est possible... la surprise de n'avoir rien vu. [lieqardanl Einmeiic] Et je comprends que... que...

M. DE SAiNT-r.F.uAN , passant prés de lui. Que vous avez tort d'être soupçonneux, et de vous défier de tout... Onê cela vous serve de leeon!

CLÉRAMBEAU. Uiic Icçoii doiit je profiterai.

M. DE SAINT-GERAN. l'ourliàtcr SOU mariage. [Geste de Ciérambeau. I Ah! je réclame votre parole, vous me Pavez donnée... J'en prends acte, et maintenant, mon cher, que vous n'avez plus à m'opposcr ni iireuves ni sonpeiins...

CLÉRAMBEAU, cmpoité malgré lui. Mais, au contraire!

M. DE SAINT-GERAN. Commciit , il y avait donc?..

CLÉRAMBEAU , vivenvul. Pei'somic , personne au monde... Mais vous me parlez de soupçons, je dis:au contraire... je n'en ai plus , et ma coiiliemce...

M. DE SAINT-GERAN. Est reVeiUlC.

CLÉRAMBEAU. Certuinenjcnt.

M. DE SAINT-GERAN. Aloi's, c'cst cc quc jc disais : plus d'obstacles, tout est convenu... Voire main, votre main, et ce soir, le contrat.

CLÉRAMBEAU, balbutiant. Oui , mon ami.

M. DE SAINT-GERAN. Et quaiit à l'aiticle que nous avons corrigé cc malin... (A Emmeric.) celui de la dot, que nous avons revue et augmentée.

EMMERIC, avec honte. Ah ! grand Dieu !

M. DE SAINT-GERAN. Vous allcz l'eiivoyer au notaire?

CLÉRAMBEAU, remontant le théâtre, avec agitation. Sur-le-champ, mon ami, sur-le-champ... Je vous rejoins prés de ma fille , je vous rejoins, vous... et...

M. DE SAINT-GERAN, gaiement et gagnant la porte à gauche. Et le déjeuner. .

EMMERIC , passant près de CUraml)eau. Mais , Monsieur...

CLERAMBEAU, à voix losse et d'un ton solennel. C'est moi qui la ferai sortir...

M. DE SAINT-GERAN , sc retoumaut vers Emmeric. Eh bien?

CLÉRAMBEAU. AlIcz donc, Mousioui'... allez, on vous attend. (Emmeric sort avec M. de Saint-Geran par la porte à gauche.)

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