SCÈNE XVIL
Les précédents, DUROCHER, paraissant à la porte du fond et l'arrêtant. (Musique)
DUiiucnER. Non, vous ne mourrez pa-i!
ALBERT ET HÉLÈNE. Qu'eSt-CC doHC?
DUROCHER. Silence... N'entendez -vous pas cette voiture qui s'éloigne?.. {Écoutant.) Oui, oui, le bruit diminue... il a cessé! [Prenant les deux jeunes gens par lamain.) Ecoutez-moi, niainlenant! En vous (luiltaiit, Milord, j'ai rencontré M. Crosby : il sortait d'ici, et tout eu me racontant sa peine, il m'a accompagné jusqu'au presbytère où nous avons vu le ministre, et nous l'avons laissé disposant tout pour la cérémonie Je venais vous en prévenir, lorsqu'en passant près des murs du parc de Dumbar, nous avons aperçu une voiture de voyage, quatre chevaux et un postillon qui attendaient.
LORD ALBERT. Qu'cst-cc que ccla signifie?
DUROCHER. C'est justement ce que nous nous sommes demandé! Au même moment sortaient de la |)etite grille du parc un jeune hoiume et une femme enveloppée d'une mante. Mon ancienne élève! m'écriai-je; qu'est-ce que cela veut dire"? — Que j'enlève lady liumbar, répondit sofi cavalier, et malheur à qui oserait s'y opposer! Lesarrèier n'était pas mon intention, j'en atteste le ciel ! Je m'écriai seulement : — Partir ainsi, jeune lille, oubliant votre père et votre honneur. — Etqui'l aulre moyeu, dit-ille en tremblant, d'échapper au mariage qui me inmaee'? — Par une aulre union, répondis-je, contrac'tee au pied des autels, devant Dieu, di.'vant un mini>tre. Lord Trjhsillyan ne peut s'y refuser. — Et par Saint-Georges! murmura le jeune lord avec impatience, quand le temps nous iinsse... où trouver loiit cela"? — Là,
LA PROTÉGÉE SANS LE SAVOIR
devant vous, à l'église du village. — Mais le minislre? — Il est prévenu. — Et des témoins? — Nous voici, M. Crosby et moi... et il me semble, .Milord, qu'cnlcverd'unseul coup à votre rival toiichapeLiin, sa fiancée et ses témoins... — Admirable! s'esl-il écrié en poussant un éclat de rire; une revanche aussi brillante répare tous mes échecs !
LOBD ALBKRT ET HELENE, ovec impatience. Eh liien?..
DL'ROCBER,/'ro/rfement. Eh bien! dix minutes après... ils étaient devant nous, unis et bénis!
HÉLÈNE ET LORD ALBERT, o Dwocher. Mon ^auvcup! mon ami !
DUROCHER. Et lord Tressillyan me criait du marchepied de SI voiture : « Dites à lord Clavering que j'enimcnc ma femme ce soir à ma terre, et que dem:iin matin, s'il le veut absolument, je l'attendrai.
HÉLÈNE, vivement, à lord Albert. Vous n'irez pas?
LORD ALBERT, ovcc amour. Oh non! ce soir, son mariage. (A Hélène.) Demain le nôtre, Milady.
HÉLÈNE, à Durocher. Et vous à qui je dois tout, vous ne nous quitterez pas?
LORD ALBERT. Vous screz Potre témoin.
DUROCHER. Le témoin de tout le monde!
CHŒUR
.^IR : Polka du Diable à quatre,
0 jour cliarmant Dont l'aurore se lève !
Aimable et doux riîve Qu'un rival achève !
Plus de tourment!
Gaimcnt
Il nous l'enlève,
Et, dans sa fureur,
Fait par erreur
Notre bonheur.
BÉiÈNE, au public.
Air : Vaudevillt de l'tlérilière
Pour moi plus de crainte importune.
Tout semble sourire à mes yeux :
L'amitié, l'amour, la fortune S'entendent pour combler mes vœux, Et rendre mon sort glorieux.
Pour qu'il soit à sou apogée, Il me manque encor un appui :
Permettez que sa protégée |
Messieurs, soit la vôtre aujourd'hui, j
bis.
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LE CONFIDENT
LE CONFIDENT
COMEDIE-VAUDEVILLE EN UIS ACTE Beproseutée, pour la première fols, à l>arls, Hiir le théAtre du Gymnase dramatique, lo 5 Janvier I830.
E^ SOCIETE iVEC
MBLBSVILLE.
MADAME DE MARCILLY, veuve.
M. DE VILLEPLANCHE.
Çtrsonnagcs.
I SAINT-FÉLIX
I CATHERINE, fille du concierge.
La scène se passe dans le châleait de madame de Marcilly, près d'Amboise.
Le théâtre représente un salon éléframment meublé. Porte au fonrl. A droite de l'acteur, l'appartement de madame de Marcilly; à gauche, la porte d'un cabinet ; de ce mémo cùté, une psyché roulante; à droite, une table ornée d'un miroir de toilette, et sur laquelle il y a écritoire, plumes, papier, etc.