‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 30 sur 975 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

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.pMONDi'zOIi.

EDMOND, à part.. Député !.. si je suis député, je puis aspirer à Sa main!., et ce que jamais je n'ai osé lui dire... elle l'a donc deviné... elle a «loue lu dairs mon cœur!

ZOÉ. -Mon pauvre Eiimond! <|ue je vous plains!

Ei'MOM). Ah! je suis le plus heureux des houunes!

ZOÉ. yu'est-ce que vous dites donc là?.. Vous qui tout ù l'heure...

ED.MO.Mi. Oui, tout à l'heure j'étais un extravagant... un insensé !.. (jui n'ecoutidt rien... (jui repoussait vos conseds... mais je reviens à ceux de la raison, aux vôtres... et je veux lUciintenant...

ZOK. Que voulez-vous?..

EOMO-M). Je veux être député!

ZOÉ. Est-il p.jssible?

EUMoM). Je le serai ! c'est mon seul but, mon sculespoii'!..

ZOÉ. Vous qui refusiez...

ED.MOKD. J'ai change d'idée... il faut que je sois deputi' : je ne sais pas comment, mais c'e«t égal... n'importe à quel prix, j'y arriverai... je parviendrai... Voyez-vous, Zoé, je mourrai ou je serai députe!..

ZOE, souriard nudiçpiernent. Et bon député, à ce que je vois, car vous changez pi'oin[)teuieut d'avis.

EDMOND. Ah ! c'est que vous ne savez pas... vous ne pouvez pas savoir...

ZOÉ. Je sais du inoinscpie vous devenez raisonnable... c'est tout ce (pie nous demandions... c'est là le chemin des honneurs!

EDMO.-SD. Ça m'est égal !

ZOÉ. La route de la fortune!

ED.MOND. Peu m'importe ! (jue je sois député seulement, et après cela, si je ne meurs (las de joie... nous verrons... jo ferai ce que vous me direz... Mais avant tout ipie je sois

iionmii'', et i;ourcela à quels moyens avoir recours?., à qui s'adresser?., moi qui m; connais personne!

ZOE. ,\llez trouver M. de Mircmont.

EDMoMt. Oui, il a dû à mon père et la vie... et sa place... Mon père est mort sans fortune... et lui, devenu grand seigneur...

ZOÉ. Vous a toujours voulu du bien...

ED.MOND. Autrefois, c'est vrai!., mais dcjiuis son mariage... c'i'st dilTérent... je ne vais presque plus chez lui... il y a là queli|u'un qui me déteste, quelqu'un à qui je n'ai point cache mon mépris...

ZOÉ. 0 ciel! qu'avez-vous fait!

EDMOND. J'ai bien fait! y a-l-il rien au monde de plus méprisable qu'une jeune f(>mine qui, par intérêt ou par ambition, dierclieàsédiiire un vieillard et se fait épouser par lui !..

ZOÉ. Taisez-vous! taisez -vous!..

Et lie nous bioiiiUuz pas avec la république !

ED.MOND. C'est déjà fait! et de ce côté-là il n'y a rien à attendre, rien à espérer.

ZOÉ. Adressez-vous alors à mon mari .. qui ade l'inUuence à .Saint-Denis... il a là une manufacture... des électeurs qui sont à lui, des voix dont il peut disposer... commencez par diMuander la sienne...

EDMOND. Moi! solliciter sa voix... mendier son suffrage...

ZOÉ. Eh! mais sans doute! il n'ira pas vous l'offrir... tout II' monde en agit ainsi.

EDMOND. C'est possible... mais il me semble que je ne pourrai jamais... et puis, quoique votre mari soit mon client, (pmique j'aie gagné pour lui un procès important... je me trompe pcut-êlre, niaisj'ai idéequ'il a peu d'affection pour moi.

ZiiÉ, souriant. Vous avez là une iilée assez juste... cl' qui vous arrive rarement ; et savez-vous, Edmond, qu'il est as.sez singulii'r que vous vous en soyez aperçu comme moi ?.. J'ignore pou npioi,., mais il est très-vrai que mon m iri ne vous aime pas.

EDMOND, d'un air sombre. Personne ue m'aime.

ZOÉ, d'un air caressant. Ah I vous êtes un ingrat... et |iuisquevousn'oscz parler à mon mari... voulez-vousquejem'cn charge?

EDMo.VD. Vous!

ZOÉ. Ça le contrariera, ça le mettra en colère... c'est une querelle qui me revient... peut-être deux... je les risque!.. il faut bien faire quelque chose pour ses amis, et je vous réponds (ju'll (illira par céder!

EDMOND. Non... non... protégé par vous.. .que ne dirait-on pis? on dir.iit que je suis parvenu pir l'intrigue, que je suis arrivé parles femmes... cela ne sedoitpas... ctj'en rougi rais!

ZOK. Eh! mais,' mon cher ami, d'oii sortez-vous donc?., d'un |ieii<iiinnat de demoiselles?., et encore, dans le nôtre, ou .liait plus avancé que cela... .Mais puisque vous le voulez absolument... tenez... tenez... le voici ! parlez vous-mèiui'.

eiimonh. Si vous siviez combien ça me coûte...

ZOE. Il n'est pas si redoutable... allons ! du cauii'!

EDMOND. Oui, oui... VOUS avez raison... (.1 part.) Pensons ,'i .\gaihe, et du courage ! [Zoé sort par la porte éi droite en encourageant Edmond par ses gestes.)

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