SCÈNE VL Les précédents; HEiNRl entrant par le fond
LA COMTESSE, l'opercevant. Eh bien?
iiEMti , gaiement. Eh bien?, ce sont effectivement des dragi)us qui me cherchent, de vrais dragons.
LA COMTESSE. Qiii VOUS l'a appris?
iiEMu. L'officier lui-même, que j'ai interrogé adroitement.
LÉOME. Comment avez-vous osé?..
HEMîi, gaiement. Il me .semble que cela m'intéresse assez pour que jr m'en informe...
LA co.MTESSE. Mais entin, qui' vous a-t-il dit?
HENRI. Qu'il venait pour arrêter M. Henri de Flavignoiil... C'est assez clair, ce me semble.
LÉO.ME. Perdu !
HENRI. Est-ce que le malheur peut in'atteindre entre vous deux?..
LA COMTESSE. 11 dit Vrai ; à nous deux de le sauver!
HE.NRi. Permettez! à nous trois... car je demande aussi à en être. Voyons... cherchons quelque bon déguis;.'nient, bien original...
LA COMTESSE. ToujouTS du romau!...
HENRI. En connaissez-vous un plus charmant?.. [A la comtesse.) Ne me grondez pas : je me mets sous vos ordres.
LA COMTESSE. Sachons d'abord quels sont nos ennemis...
HENRI. Oui, mon général...
LA COMTESSE. Comment se nomme l'officier des dragons?
HENRI. Je l'ignore, mon général, mais il est acctmipagné du nouveau préfet, le terrible baron de Montrichard...
LÉOME, ("yjerrfite.Terribleloh! je meurs d'épouvante.
BATAILLE DE DAMES
LA COMTESSE, passant près d'elle. Mais ne pleure donc pas ainsi, malheiireuse enfanl!
LÉONiE. Je ne peux pas m'en défendre!
LA COMTESSE. Eli ! ci'oif-lu douc quc la frayeur ne m'oppresse pas comme toi? mais je pense à lui, et ma douleur même me donne du courage...
HENRI, à/a comtesse qui remonte vers le /bfu/. Qu'elle est belle!
LÉONiE, essuyant ses yeux, mais pleurant toujours. Oui, ma tante... oui !.. je vais essayer...
HENRI, à Léonie. Qu'elle est toucliante !.. mon danger, je te bénis!.. [A la comtesse.) Fiichez-vous... accusez-moi .. je dirai toujours... ô mon danger, je te bénis!.. Sans lui, vous verrais-je toules deux à mes côtés, me plaignant, me défendant... Ah! vienne la sentence elle-même... je ne la regretterai pas... puisque, grâce à elle, je puis vous inspirer... {A Léonie.) à vous, tant de terreur... {A la comtesse .) à vous, tant de courage!
LA COMTESSE. Vous ètcs insupportable avcc vos madrigaux... pensons au baron... S'il ose venir ici, c'est qu'H sait tout... c'est qu'on nous a trahis...
HENRI, avec insoucianoe. Eh! qui done? est-ce que ma lète est mise à prix? osl-ce que ma capture vaut une trahison?
LA coMTEsse. 11 y a des gens qui traliissent |'our rien.
HENRI, souriant. 11 y aeneore dn désintéressement. .
LA COMTESSE. Taisez-vous? on vient.