‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 378 sur 975 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

CÉLINE, OCTAVE, en habit à la française, en bas de soie blancs, mais sans épée.

a-t-il?

is bien ; et toi?

CÉLINE. Eh bien! comment cela va-t-ilï OCTAVE, tristement. Cela ne va pas bien; et toi? CELINE. l)e même. Tu n'as donc rien trouvé? ocr.wE. Oh! si vraiment; je causais tout à l'heui'i: avec la ])etite Jeannette, la fille du jardinier...

LE MARIAGE ENFANTIN

CF.i.iNE, pèremcnt. Et pourquoi c.iuscz-voiis avec ces personin's-là. Monsieur? cela ne sied point mux gens de qualilé.

OCTAVE, de même. Je le sais, Mademoiselle ; mais quand les gens de qualiléont besoin des personnes... et puis d'ailleurs il y a manière de se faire respecter. Je vous disais donc que pendant que je lui parlais elle s'est mise à rire, et m'a dit (cela va bien vous étonner , elle m'a dit... que j'avais l'air d'un amant.

cÉr.iMî. Un amant ! comment, Monsiiur, vous êtes un amant? eh bien! par exemple, si je l'avais su... . OCTAVE. Qu'est-ce que tu aurais fait?

cicLiNE. J'aurais fait, j'aurais l'ait... qu'il y a longtemps que je connais ci! Un amanl! c'est un amoureux. Tu ne te rappelles pas madame la b:ironae qui en a un, la comtesse qui en a un aussi, et puis la marquise qui en a deux?

OCTAVE. Oui, oui. J'y suis maintenant, et il faut convenir que nous étions bien simples; mais dis-moi, amoureux, comment guérit-on de ça?

CÉLINE. Dame ! je n'en sais rien ; et il faudra que tu le demandes encore.

OCTAVE. Ecoute donc! Tu m'envoies toujours demander, c'est ennuyeux! ce n'est pas que Jeannette me le dirait bien, j'en suis sûr; mais elle commence toujours par me rire au nez, et c'est dé.sagrcable, parce qu'on a l'air d'une bète.

(É.iNE. C'est juste, si nous pouvions le devinera nous deux, cela vaudrait bien mieux. Ecoute. Je crois que j'ai un moyen qui a déjà réussi à ma cousine Ursule et à M. de Luzy ; fais comme si tu me donnais le bras, et promenons-nous.

OCTAVE, lui donnant le bras. Bien volontiers. {Ils se promènent sur le théâtre.)

CÉLINE. On ne nous regarde pas?

OCTAVE. Pardi! il n'y a personne.

CÉLINE, /(((■ (jlissant mystérieusement le billet dans la main. Eh bien! tiens.

OCTAVE, le prenant entre les deux doigts, et l'élevant en l'air. Qu'est-ce que tu veux que je fasse de cela?

CÉLINE. Est-il ignorant! C'est un billet doux! mais ne le montre donc pas comme cela, fais du mystère. (Faisant le geste de cacher le bdlet.)

OCTAVE. A la bonne heure! et puis après?

CÉLINE. Et puis après, lis-le vite, et n'oublie pas que c'est moi qui te l'adresse.

OCTAVE. C'est-i drôle tout cela !

ENSEMBLE

Air : Le voilà, ce billet joli, etc. (Azema.) Le voilà, ce billet joli, Ecrit par ma cousine; Si dcjà, j'imagine, A quelque autre il a réussi.

Nous pouvons l'employer aussi.

OCTAVE, lisant.

« Toi qui reçus ma foi, toi poui' qui je soupire, « 0 cliaime de ma vie! ô mon souverain bieo! « Mon cœur, qui loin de toi ne sait ce qu'il désire, « Sitôt que tu parais ne désiie plus lien. »

CÉLINE

Entends-tu bien cela?

OCTAVE

Toi pour qui je soupire.

CELINE.

0 cliarme de ma viei

OCTAVE

0 mon souverain bien!

CÉLINE, parlant. Eh bien ! qu'est-ce que ça te fait? OCTAVE, de même. Il me semble que ça méfait plaisir, et que ces mots-là font jolir, à répéter.

CÉLINE. Oh ' ma cousine avait raison.

(Ils chantent ensemble ) Relisons ce billet joli, Écrit par ma cousine; Si déjà, j'imagine, A quelque autre il a réussi, Nous pourrons l'employer aussi.

(On entend dans l'intérieur plusieurs voix qui appellent : Octave! Céline!^

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