SCÈNE VI
Lks PFiÉnÉuENTs; DE LA DURANDIERE, en habit bleu, pantalon blanc, une cravach" à la math, eî ià'ènormes moiistathex.
DK LA DLRANDIÉhfe. ÈH feiptt ! qil'oh lui doiltlC tJUl'l-
ques t-cus, el que cCla fillissii! fiiJIi-, vnilà m;\ bourso. Mm cher capiiaine, et vous, bolle dàttie, j'ai b'mi riinnnciii- d'i-tre le vàlfê dans toiilo l'acception du mnf.
M. DF, cERVAi.. Moil ishoï dé Là Dui^rtdicre, qu'avczvous dune?
DE LA DURANDiÉhÊ. Dts ftiqiilns dc Voîlurierâ qui ne voida'.ciU p;\s se ranger, cl je les al accrochés de la belle manière. Iniaginez^vons qn'ils n'étaient |5*W Ptlcure conlents, et que j'ai clé obligé de leurCetijJef là fi^'iire avec ma cravache.
M. DE CERVAL. Mais cet aipiMil dnnt vous pilliicz?
DE LA Dl'RANDiÉRE. C'cstqii'i'.s Se l'àchaicnl, qtloique baltus; et vous savez que nmH autres^ apfès la victoire... Moi, j'ai naturellement do l'tifctiine pdhr mes ennemis, et j'ai eslimé ceuv-ci inie diîairie d'écus; ce n'est pas cher; et puis l'argenl ne lite coflte rien ; l'argent, l'argent, qu'est-ce que cela? A pl-o|)oSj monsieur volie oncle, en m'inviitliU à dîner ttiljoUrd'hui chez vous, m'a (ait espérer (|iie jp Jiouri'.iis voit*Voli-e propriété. Ce que j'en ai apei-cn en la tra\Ti"Siinl ni'.i paru lré>-beau, Irès-bean > de la vue, des bois, et du gibier beaucoup. Je n'ai pu n'sistiîF à là tentation de tirer un lièvre au passage; j'avais dans ma chaise de poste un pistolet chargé à balle. [H rît.) Ah ! ali ! ah !
M. DE GEllVAL. Et V0U3 l'aVCÎ toUclié?
DE LADURANDn;iiE. Du premier Coup : j'ai aujourd'hui la main l'atide; vrai. Je ne voudrais pas ce matin avoir une affaire, je serais sûr d'un malheur, il est vrai que la grande habitude... Vous me pardonnez, belle dame, d'avoir chassé sur vos terres : nous autres garçons, cela nous arrive quelquefois; les maris nous le reprochent; mais on no risque rien tant qu'on n'est pas soi-même propriétaire. (// rit.) Ah! ah! nous disons donc que c'est ici le jalon ?
.MADAME DE sÉiNANGE. Oui, lo petit salon de travail. Mais mon oncle ne vous a pas dii. Monsieur, que j'avais changé d'idée, et que dans ce moment je ne pensais plus à vendre.
DE LA DiiRANDiÈRE. J'cntcnds, uu capricc; c'est trop juste, une jolie fouime doit en avoir, et Madame profite du privilège. Cela no m'emiièche pas de rendre justice à la manière dont tout cela est distribué et décoré. Nous avons là une bibliothèque qui ressemble à la mienne; je vois deux ou trois reliures qui me semblent bien belles!
MADAME DE sÉ^^A^GE. Cc sout mesautcurs favoris.
DE LA DCRANDiÈRE. Ail! ah! oui; La Fontaine... je sais ce que c'est; c'est pour les enfants, n'est-ce pas ? Il cnicndait bien la fable, il la fais lit fort bien, fort proprement. On n'est plus la dupe aujourd'hui de ses allégories; on en a la clé : ses corbeaux, ses renards, ses singes, tous personnages du temps. Comme ce luron-là faisait parler les bêtes!.. {Il rit.) Ah! ah!
.MADAME DE SI;^.A^GE. Eli mais! quelquefois encore...
DELA DURANDiÉRE. C'esl Ce quc j'allais vous dire; Molière, lier homme encore celui-là! sévère, sévère !.. Corneille ! oh ! oh ! Corneille, foi't, fort! Racine, tendre tendre, faisant la tragédie d'une minière fort agréable. Vous avez là. Madame, uii très-bon cboi.v de livres.
MADAME DE sÉNANGE. C'cst Un élogp qui fait |da sir, surtout donné par un homme de goût.
DE LA DURANDIERE. Oui; c'cst Vrai quo j'cu ai, et je no sais pas trop comme cela m'est venu. Toujours à l'armée, où j'occupais, j'ose le dire, un poste essentiel.
MADAME DE sÉPiANGE. Monsicur était officicc général?
DE LA DCRANDIÈRE. Micux quc ccla, j'etais fournisseur. Certainement, c'est une belle chose que la victoire; mais ..
AiB lie Tarcniic.
\\ f;uit i\uc la vir-loii'c illne.
Ht l'on en iroil plus il'un tùmoiii ; .Sîins K'S trùfois du ma cantine, I.es vaiiumours u'aU.iicnlpas plus luin.
Ainsi j'aliiucnlais Icnr gloiiii; ÏH nos soldats nourrissant la Videnr, Jf l\is iiommé pM- eux au champ d'hunuLur Rtstaùiateur de la victoire.