ARMAND, MADELEINE
MADELEINE, par?a)i( en e«fra)rt. Ils ont beau dire, je suis bien sûre que cela n'est pas vrai.
ARMANI). Ah! te voili, Madeleine? fn ne sais pas, je reste, je ne pars plus ; et j'espère même que bientôt, toi et Basticn... je n'aurai qu'un mot à dire pour vous marier. 'I' ''!' '■
MADELEINE. Comment! il sei'aSt Vrai? (Serf fouraan* (hi côté du salon.) Là! je vous demande si c'est possible? et si on peut supposer qu'un si brave homme...
ARMAND. Eh bien! à qui en a--tu dune?
.MADELEINE. C'csl quc je SUIS cu colèrc contre ces messieurs et ces dames du salon, qui sont tous à se ii'.oquer de vous.
ARMAND. Heiii! qu'est-ce?
MADELEINE. Oui, sans doute, pendant que j'étais à arrauf^er des tleurs dans hf, deux jardinières du salon, j'ai entendu pérorer ce gros monsieur qui a des moustaches, et qui ressemble si fort à un de mes parents; car on ne m'ôteiviit pas de l'idée...
ARMAND. Eh bien! que disait-il?
MADELEINE
Air du vaudeville de l'Homme virt
11 ne parlait q<ie d' sou coUr.ijre, Et des eiui'niis qu'il pourfendit; Bref, sa valeur lait un tapage Dont le liruit seul vous étourdit.
ARMAND
Le crois-tu donc bien inti-epide'.'
MADELEINE
Non, ma fin', il lait Irop de train; Et m'est avis qu'un tonneau vide Résonne plus iju'un tonneau plein.
{En ce moment, un dumestiiiiie entre dans la salle et dispose tout pour la re'ceplion de la soriélé. Il enlève les tableaux, la musique et le pupitre, arrange les tables de jeu, y place des flambeaux, des cartes, des jetons/iiio }<•'''
Enfin, '{^apr(^s ce que j'ai entendu, il paraîtrait qu'il
avait d'abord parié avec le capitaine qu'il vous prendrait vos besicles; et il les a rapportées en triomphe, eiidisant qu'il vousavait fait peur, et qu'il vous avait forcé de les ôler. '
ARMAND. Morbleu! il eu a menti. ''
MADELEINE. C'cst cc quc je uio suîs répoiirfu 3 moimènie, parce que certainement vous n'êtes pas homnit^ à vous laisser insulter.
.,\RM.vNp. Non, parbleu ! et je suis enchanté qu'il y ait du monde, parce que j'aurai le plaisir de lui donner autheiiti(|uemi;'nt une paire de soufflets.
MADELEINE. .\ la bounc hcurc, (;a s:;ra bien fait.
AUM.vND. Et ce ne sera pas long , courons, [S'arrèiant.) c'est-à-dire... Dieu! qu'allais-je faire? et ma promesse de tout à l'heure?
MADELEINE. Eli bien ! qu'est-ce qui vous arrête? moi j'y allais déjà.
ARMAND. C'est que tu sens bien, devant ces dames, devant madame de Sénange...
MADELEINE. Elle u'cst pas encorc au .«alon.
ARMAND, aV'Xjoie. Elle n'y est pas, tu en es bien sûre? [Il i-apour sortir.) Profitons du moment. [S'arrétont.) Mais qu'importe , dans un instant elle l'apprendra, et je perds à la fois son amour, son estime Cl le bunheur qui m'éiait promis; fut-on jamais plus malheureux? Et le capitaine, (jui; disait-il?
MADELEINE. Il sccouait Li tctc cu disaut à l'autre ; (i Monsieur, prenez garde; cela aura des suites. » A quoi l'autre répondait : « Tant mieux, je ne les crains « pas; et la preuve, c'est que je vais trouver mon ad- « versaire. » Et alors il est sorti, '. ' '. V-
ARMAND. C'est étonnant; nous ne lavons pas vu.
MADELEINE. En lovoyaut partir, le capitaine a ajouté: « C'e^t bien , il a raison d'y aller , parce que quel- « qu'un qui aui'ait l'air d'éviter une affaire ne sera u jamais mon neveu. »
ARMAND. Dieu! si je ne .Tie bats pas, l'oncle va me refuser son consentement : et si je me bats, la nièce ne me donnera jamais le sien; eh bien! elle aura tort, parce qu'enfin, puisqu'elle consent à m'épou.ser, le soin de mon honneur doit lui être cher; un homme qui se laisserait insulter ne serait plus digne d'elle; oui, quand elle saura ce dont il s'agit, elle m'approuvera, elle me pardonnera; et décidément j'y vais. (/( fad un pas pour sortir, et aperçoit madame de Sénanye qui etUre.) i dKAQ/