‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 443 sur 975 · MASANIELLO, FENELLA · texte numérisé non relu

MASANIELLO, FENELLA

MASANIELLO

Eh bien! nous voilà seuls.

FENELLA. Elle lui exprime son désespoir, et lui avoue que sa première intention était de se précipiter dans la mer et d'y finir son existence.

MASANIELLO

Attenter à ta vie!

Giaiid Dieu !

FENEiLA Mais elle n'a pas voulu mourir avant de le revoir, de l embrasser, de recevoir son pardon.

MASANIELLO

Ton pardon! et pourquoi?

l'LNELLA. Elle lui fait entendre qu'elle ne mérite plus sa tendresse : elle lui peint ses remords... Elle s'est donnée o un perfide.

MAS.VNIELLO.

0 ciel! un séducteur! qu'il craigne ma furie! Rm'u ne peut le soustraire à mon ressentiment!

lENEi.LA. Elle lui fait signe qu'il devait être son époux, qu'il le lui avait juré à la face du ciel, qu'elle a cru son serment.

MASANIELLO

Ce lâche, quel est-il? un Espagnol, peut-être?

FENELLA. Elle répond oui; mais elle ne veut pas le faire connaître; malgré son crime, elle l'aime encore, et pour l'épouser il est d'»n rang trop élevé.

MASANIELLO

Qu'importe? il tiendra son serment; Fenella, je veux le connaître.

FENELLA. Elle lui répond que c'est inutile, qu'iln'est plus d'espérance, qu'il s'est uni à une autre.

MASANIELLO

Eh bien donc! malgré toi, je punirai le traître !

Oui, que ce jour me soit ou non fatal. Il faut armer le peuple et donner le signal. En vain tu veux calmer le courroux qui me guide, Je saurai malgré toi découvrir le perfide.

FENELLA. Elle chcrche inutilement à calmer sou frère, et s'attache à lui au moment où il court appeler les compagnons.

SCÈ.NE V.

!\IASANIELL0, BORELLA, FKNELLA, Pècheirs.

MASANIELLO, appelant les pécheurs.

Venez, amis, venez partager mes tianspui Is : Contre nos ennemis unissons nos edorts.

LA MULTTE DE POHÏICI.

Le vice-roi, doublant notre misère, Lève un nouvel irnpiM sur ces fruits de la terre. Ce prix de nos sueurs ([u'il aime à voir couler!

BOnELLA.

Et le peuple se tait?

MASANIELLO

Il est las de se plaindre!

BORELLA.

S'armera-t-il, lui qui n'ose parler?

MASA^"rELL(l.

11 ose tout quaird il a tout â ciaindrc; Et c'est à nos tyrans aujourd'Irui île trcmlder! Chacun à ces cruels doit compte d'irnc offense ; El moi plus que vous tous! Courons à la vengeance! LE CHŒUR.

Nous partageons ton fier ressenlimcnt;

De t'obéir nous faisons le serment!

MASANIELLO

Du silence, de la prudence,

Et le ciel nous protégera.

Toi, mon cher Borella, Observe bien ces rives.

[Les femmes et les enfants entrent en scène; sur un ijeste de Masaniello, Fenella V(t rejoindre ses compagnes.) Que ces enfants, que ces femmes ci-aintives

Ne sachent rien de nos secrets.

Et, pour mieux cacher nos projets.

Chantons gaiment la bar-caroUe ,

Charmons ainsi nos courts loisirs.

L'amour s'enfuit, le temps .s'envole;

Le lemiis emporte rros loisirs

Comme les flots notre gondole.

LE CHŒUR

Chantons gaiment la barcarolle.

Charmons ainsi nos courts loisir-s.

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