SCENE JII
lUASANIELLO, FENELLA, abattue et chancelante.
MASANIELLO
Que \ois-je? Fenella! quelle horrible pâleur! Nous venons, ù ma sœur! de venger ton outrage. Qui peut encore exciter ta douleur'?
FENELLA. Elle lui peint le désordre de Naples.
MASANIELLO
J'ai voulu, mais en vain, mettre un terme au carnage.
FENELLA. Elle lut représente, par ses gestes, les horreurs auxquelles la ville est livrée, lepillage, le meurtre, t'incendie.
MASANIELLO
Oui, des torches en feu dévorant les palais. Des enfants étoullés sur le sein de leurs mères, Des frères frappés par leurs frères.
Oui, des forfaits ont puni des forfaits; Mais, lu le sais, je n'en suis pas coupable. Viens dans mes bras, dissipe ton elfroi. FiNtLLA. Elle lui fait entendre qu'elle ne peut résister à la fatigue.
LA MUETTE DE PORTICI
MASANIELLO
I,a fatigue t'accable; Repose en paix, je veillerai sur toi.
Du pauvre seul ami fidèle.
Descends à ma" voi\ qui l'appelle, Sommeil, descemls du haut des cieux!
De son cœur bannis les alarmes; Qu'un songe heureux sèche les larmes Qui tombent encor de ses yeux.
{Fenella s'endort sur le Ht à gauche.) Un doux sommeil apaise sa souffrance ; Mais on Tient.